IL ÉTUDIE LA PHILOSOP. ET LES NATHÉMAT
mais on ne vit en kri qu'un simple écolier et il fut iropitoyableroent refusé, le professeur ne supposant pas qu'un jeune homme presque adolescent pût prendre un autre intérêt que celui de la curiosité à un aussi savant ouvrage. — Lisez le Spectacle de la Nature lui répondit le professeur, cela doit suffire à un jeune homme de votre âge. A la bibliothèque de la ville, même demande, suivie également d'un refus. Ce fut seulement beaucoup plus tard que vaincu par ses pressantes sollicitations, le bibliothécaire consentit enfin à lui permettre d'emporter chez lui les précieux volu* mes dont il put alors tirer tout le fruit ».
En août 1737, les études philosophiques de Bonnet furent interrompues par des troubles civils qui éclatèrent à Genève. Il y eut une émeute sérieuse dans la ville et le sang coula. Pendant qu'il faisait son devoir de citoyen en courant aux armes pour soutenir le gouvernement menacé, il manqua être tué, en se trouvant près d'un magistrat qui cherchait à faire rentrer les rebelles dans le devoir et qui fut gravement blessé. Un officier de la milice bourgeoise fut tué à côté de lui. Il fallut l'intervention de la force armée, et les efforts des magistrats et de tous les bons citoyens pour terminer cette guerre civile. Mais Bonnet fit voir qu'il porterait dans la défense de l'ordre la même ardeur que dans ses études, et que l'amour de la vérité, sous telle forme qu'elle fût, le trouverait toujours dévoué à sa cause. On le verra plus tard montrer le même sentiment du devoir lorsqu'il prit part, bien malgré lui, au gouvernement de sa patrie.
Rendu à plus de tranquillité, le jeune naturaliste s'occupa de tirer tout le fruit pos^ble de la lecture des Mémoires de Réaumur qu'il avait tant désirée, et l'histoire des insectes
' Mémoires de Botmet, 2* lettre à Haller.
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rifitéressa au dernier point; il en fit des extraits et en tira de nombreuses notes qui lui servirent beaucoup par la suite. Pendant qu'il s'occupait de ce travail, il découvrit en 1738, sur une branche d'aubépine, un nid de ces chenilles que Réaumur avait nommées Livrées , à cause des variétés de leurs couleurs. 11 coupa immédiatement la branche, la trans* porta avec le nid dans son cabinet et se mit à observer les particularités qui s'y rattachaient. II aperçut bientôt des phénomènes qui avaient échappé à l'attention du savant français. Ainsi il s'assura que cette espèce de chenille dirige le long du chemin qu'elle suit un fil de soie qui lui sert de guide pour retourner à son nid lorsqu'elle en est le plus éloignée. Il écrivit là-dessus un mémoire qui fut depuis inséré dans le premier volume de ses œuvres complètes, volume consacré en entier à l'insectologie. Ce mémoire Offire des faits extrêmement curieux et qui dénotent une grande sagacité dans l'observateur; le jeune diarles décrivit avec le plus grand soin les détails du procédé de ces insectes ^ Ces remarques sont tellement bien faites qu'elles peuvent être considérées comme servant de complément naturel aux excellents Mémoires de Réaumur. H envoya aussitôt son travail à cet illustre naturaliste qui, s'étonnant à bon droit d'un génie aussi précoce tbez un jeune honmie de dix-huit ans, lui témoigna sa surprise et son contentement.
Toicl la lettre que lui écrivit alors Réaumur :
« Paris, 22 juillet 1738.
€ 8i Yoas ne m'eussies pas appris, nonsieur, que vous s D'étés eiieord qu'étudiant eo philosophie, je ne m'en
* Œuvres complèle* de Bormet, édiUon de NeufchâteU \a-4% U I, p. 270 eisttiTantes. Réaumur, HéMdiret, 1. 1 et If, iO-4*,