IL ÉTUDIE LA PHILOSOP. ET LES MATHÉMAT
« serais pas douté. Yons me paraissez déjà un mattre dans « l'art d'observer les insectes; le goût qui vous y porte, el
< le plaisir que vous y trouvez, m'assurent qu'il ne tiendra « qu'à vous de voir par la suite bien des traits curieux de « la vie de ces petits animaux et des traits qui sont encore
< ignorés. Les observations que vous avez faites sur les che- « nilles Livrées sont telles que je ne les eusse pas omises « lorsque j'ai parlé de ces chenilles si je les eusse sues/et « elles sont rapportées dans le style qui me semble le plus « convenable, avec beaucoup de clarté, de netteté et d*agré- « ment. Je ne savais pas que les Livrées fussent du nombre « des chenilles qui tapissent leur chemin. Ce que vous avei . et fait pour les dérouter, pour les faire méconnaître leur « chemin est très-ingénieux. Je suis de même très-content « de toutes vos autres remarqués, et puisque vous voulez « bien vous dire mon élève, vous êtes un élève que je me « ferai toujours gloire d'avouer. 11 faut que vous atyez une « raison bien supérieure à celle qu'on a coutume d'avoir à « votre âge, pour préférer des plaisirs qui n'en peuvent « être que pour f esprit à tant d'espèces d'aifiusements « qu'on ne pourrait pas vous reprocher, quoiqu'ils ne « soient pas de ceux qui peuvent augmenter nos connaiset sances. Aussi est-ce avec bien de l'estime que j'ai l'hon- « neur d'être, etc., etc. *. »
Dans la même année, il continua ses recherches sur les chenilles communes et les soumit à l'examen de Cramer, savant professeur, son compatriote; elles reçurent sOn approbation, mais furent publiées seulement plus tard, dans son recueil d'insectologie. Les éloges de Réaumur avaient stiimlé son activité, et bientôt il se vit en état de composer
^ Mémoires de Bonnet, lettre 2.
Ifi CHAPITRE PREMIER.
un ensemble complet d'observations sur les insectes dont une grande partie a été réunie dans ses œuvres générales.
Bientôt d'autres matériaux qu'il ne tarda pas à utiliser vinrent s'offrir à lui. Il étudia avec attention les principes de l'anatomie dont il sentit le besoin pour ses études d'histoire naturelle et traduisit en français divers morceaux de Verrheyen. Il le lut avec Cramer qui le lui expliqua et l'assista de ses conseils. La Bible de la Nature de Swammerdam était tombée entre ses mains, il la lut avec le plus grand intérêt, et en étudia avec soin les admirables dessins qui^ par le fini de la gravure, sont encore aujourd'hui regardés comme des chefs-d'œuvre ^ 11 voulut connaître égalemdht l'anatomie des plantes de Malpighi, et ses observations sur le ver à soie et le poulet. Ces diverses études le conduisirent à méditer sur le grand phénomène de la reproduction des êtres et sur cette force inépuisable qui existe universellement dans la nature, et qui lui donne partout la faculté de continuer sous tant de formes diverses la série de^ êtres animés. Dans le même intervalle de temps , il commença une correspondance suivie avec Réaumur auquel il annonçait ses recherches et ses découvertes, avec les réflexions qu'elles lui faisaient naître. 11 lui fit alors parvenir un ^^z grand nombre de mémoires particuliers sur cette partie de l'insectologie qu'on retrouvera dans ses œuvres complètes. Ce furent entre autres :
1* Un mémoire sur les chenilles du Tithymale qui mangent leurs semblables et dévorent la vieille peau dont elles viennent de se séparer à l'époque de leur mue;
^ Un autre mémoire sur une chenille velue du coudrier qui montait et descendait dans sa coque, comme un ramoneur dans une cheminée, suivant l'expression de Bonnet;
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