LE SINGE
Agarics,
QuADaurKM8:Écureuil Toiant,
Truffes,
Chauve-souris,
Coraux et coralloïdes.
Autruche.
Lithophytes,
OiSKAux ; Aquatiques,
Arpiantes,
Amphibies,
Talc, gypse, sélénite.
Volants.
Ardoises.
Poissons : Rampants,
PlBRHBS :
Pierres figurées.
Anguille ou serpent d*eau
Cristallisations.
SiRPKirrs : Limaces,
Sels :
Vitriols.
Limaçons.
Métaux.
CoQuiLLAGKs:Vers à tuyaux.
Demi-métaux
Teigne.
SoUFREâ :
Bitumes.
Insectes : Gallinsectes,
Terres :
Terres pures.
Ténia ou ver solitaire.
Eau.
Polypes,
Air.
Ortie de mer,
Feu.
Sensitive.
Matières plus subtiles
Plantes : Lichens.
Insectologie. Préface. Tome 1«'. Œuvres de Bonnet.
50 CHAPITRE TBOISIÈME.
Après cette expositioD, il ajoute» pour terminer, les réflexions suivantes :
« Je ne produis ce tableau que comme un essai > mais a propre à nous faire concevoir les plus grandes idées dp « mondC) et de la sagesse infinie qui en a formé et com- « biné les diflerentes pièces. Rendons-nous attentifs à ce « beau spectacle. Voyons cette multitude iimombrable de « corps organisés et non organisés se placer les uns au- « dessus des autres, suivant le degré de perfection ou d'eji- « cellence qui est en chacun. Si la suite ne nous paraît pas « partout également continue» c'est que nos connaissances a sont encore très-bornées; plus elles augm^teront» plus tf nous découvrirons d'échelons ou de degrés. Elles auront « atteint leur plus grande perfection lorsqu'il n'en restera « plus à découvrir. Mais pouvons-nous Tespérer ici-bas ? Il « n'y a apparemment que des intelligences célestes qui puisce sent jouir de cet avantage. Quelle ravissante perspective « pour ces esprits bienheureux que celle que leur offre l'é- « chcUe des êtres propres à chaque monde! Et si» comme « je le pense, toutes ces échelles dont le nombre est infini, « n'en forment qu'une seule qui réunit tous les ordres possi- « blés de perfection , il faut convenir qu'on ne saurait rien « concevoir de plus grand ni de plus relevé.
« Il y a donc une liaison entre toutes les parties de cet a univers. Le système général est formé de l'assemblage « des systèmes particuliers qui sont comme les différentes « roues de la machine. Un insecte, une plante, est un sys- « tème particulier» une petite roue qui en fait mouvoir de « plus grandes*. »
Les succès qu'obtint la publication de Tlnseclologie loin de lui suffire » ne firent qu'augmenter son ardeur pour le
* ImectoloçU, Préface.
BONNET ÉPROUVIK DBS MAUX D^TEUX. 61
travail et le pousser à de nouy^es recherches; niais 8% santé ne put résister à des travaux si coDtiuuels. U perdait ses forces, et sa ccmstitution s'altérait visiblement; ses yeuji: lat^ués par un usage trop assidu du microscope, lui fa^ saienfc éprouver de vives douleurs et semblaient vouloir désormais lui refuser leurs services. Dès Tannée 1745, il ne pouvait phis lire ni écrire sans souffrance. Sa vue obs*curcie par des filaments qui voltigeaient devant lui, lui taisait craindre la possibilité d'une cataracte. Il dut alors renoncer à toutes observations d'insectologie et surtout à Tusage du microscope. Privé de bonne heure de contempler et d'étudier la nature, obligé de quitter des travaux qui faisaient le charme de sa vie entière, il se sentit bientôt gagné par la mélancolie et le chagrin. U s'y fut même sans doute laissé aller au point d'y succomber, s'il n'eût trouvé des consolations dans la religion et dans une douce philo* 8ophie% Son âme exercée de bonne heure à la méditation sur des sujets élevés, et fortifiée par une éducation excellente, y puisa un secours contre les épreuves physiques. La lecture des livres saints et l'étude des hautes vérités qu'ils renferment, à laquelle il avait d'ailleurs été habitué de bonne heure, l'aida puissamment dans ces moments pénibles et où il fallait se priver de toute application scientifique et même littéraire. U posa dès lors dans son esprit ks bases de cette philosophie morale et pratique empreinte dans tous ses ouvrages et dont ceux qui ne font que professer la philosophie oublient trop souvent l'usage. U sut se rendre maître de ses regrets et supporter avec résignation des maux pénibles , mais qu'un changement (X)mplet dans les habitades de sa vie pouvait du moins alléger.
Malgré les soins les plus assidus et un régime sévère , l'amélioration se fit longtemps attendre. Aux maux d'yeux
succédèrent des maux de dents atroces et qui vinreq^ épuiser sa patience. Ce mal qui dura plusieurs mois ne céda entièrement qu'à plusieurs opérations successives et douloureuses. Ce fut alors seulement qu'il parvint à goûter quelque repos. Devenu enfln convalescent sans pouvoir toutefois retourner à son microscope, il chercha des distractions plus faciles et moins fatigantes dans Fexamen de quelques phénomènes du règne végétal *.
Il avait appris en 1746 qu'on avait cherché à Berlin si la terre était absolument nécessaire dans le phénomène de la végétation et s'il ne serait pas possible de faire pousser des plantes dans d'autres substances, dans la mousse par exemple. Cette idée lui sembla féconde en développements. Dès lors, pour comparer les effets obtenus, il sema, dans la mousse et dans la terre, diverses graines de plantes.graminées et légumineuses. Il étendit ensuite ses expériences à diverses autres espèces et trouva constamment que la végétation réussissait mieux dans la mousse que dans la terre. Il varia alors ces résultats de mille manières. Il planta dans la mousse des espèces ligneuses , des boutures de vigne, qui lui fournirent d'excellents raisins, puis il obtint le même succès avec un pêcher, un poirier et un prunier. Des orangers qui languissaient dans une terre apparemment de médiocre qualité, placés dans la mousse, reprirent une nouvelle vigueur. Il fit à cette occasion plusieurs remarques importantes. Il vit que la mousse employée dans ces expériences se décomposait peu à peu, et finissait par se transformer en un terreau plus ou moins fin de couleur noire. Il fallait environ deux à trois ans pour ce résultat. Pour que cette nouvelle espèce de végétation réussît, il était nécessaire de presser la mousse dans laquelle étaient placées les plantes,
^ lUémoires sur ïionnct, par Trcinbiey, p. 26-27.