OBSERVATIONS SUR LE MOUVEMENT DES TIGES
obstacles les plus compliqués ne changeaient rien à cet effet; des épingles lixées par intervalles à travers les tiges n'empêchaient pas ces tiges de revenir à leur situation primitive; placées dans l'eau, elles y revenaient de même, et enfin cette eau elle-même couverte d'huile, pour empêcher l'accès de Tair, ne changeait absolument rien au résultat de l'expérience. La partie inférieure des tiges se repliait comme la partie supérieure.
Du reste, les explications du naturaliste sur les mouvements des feuilles peuvent s'appliquer au mouvement des tiges; car, dit-il, dans la suite de ce mémoire, c'est partout la même organisation, et les mêmes vaisseaux régnent dans toute l'étendue du végétal. Chaque branche, chaque rameau et même chaque feuille peuvent être considérés comme une petite plante secondaire entée sur une principale dont elle tire sa nourriture ; d'ailleurs l'inclinaison de la petite plante sur la grande, l'angle qu'elles forment entre elles est déterminé par différentes circonstances. Ainsi les tiges isolées sont perpendiculaires à l'horizon ; il y a alors dans tout l'ensemble de la plante une sorte d'équilibre, mais cet équilibre est rompu dès que la chaleur environnante est diminuée ou interceptée par quelque cause comme par exemple un abri ; dans ce cas la tige la plus à portée de chercher la chaleur semble s'incliner de ce côté et fuir l'abri; la tige, les branches entre elles, et même le sol sont souvent des abris les uns pour les autres, ce qui les fait incliner tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. En considérant la forme extérieure des arbres et des plantes, on pourra trouver de fréquentes occasions de reconnaître ces effets; on observera aussi que l'angle formé par les branches inférieures avec la tige est toujours plus grand que celui que forment les branches supérieures. Les
7a G»ÀPIT«S tUATIUÉHB.
branches inférieures tendent aussi toujouis à se pai^ailèlement au sol; leur extrémité seule tend à regagner la perpendiculaire^ mais d'uue maaière noins i^arquée que les branches supérieures,^ et le bout de ceUes-ei s*a^ proche davantage de la partie de la tige qui s'élève et qui forme la pointe ^
On peut donc admettre au résumé que la chaleur et ThiK midité sont presque toujoui*s les causes des ibouvemeiitft fut s'exécutent dans les végétaux, et que ceux-dsont composés de parties très-délicates qui^ outre leurs fonctions piNremeiifr physiologiques^ ont encore des fonction réellemenl pfaysi* ques et chimiques ^ et que, dans leur rapport i^ec Fair atmosphérique, les vapeurs, la chaleur et la lumière font alternativement Toffiee de cornues, de thermomètres et d'hygromètres de la plus grande délicatesse, et qui l^sseiA bien loin derrière eux nos meilleurs instruments.
Le troisième mémoire sur les feuilles olïre un peu moins d'intérêt que le précédent. Bonnet y décrit dans un grand détail l'arrangement des feuilles autour des tiges et ém branches dans les différentes espèces» H y fait voir fart qui préside à la distribution de ces parties. Ces petits organes ne sont pas placés indifféremment le long de leur appui; un. ordre spécial y doit déterminer leurs fonctions qui consistent dans la nutrition du végétal et sa transpiration. Cet faits sont demeurés depuis bien longtemps exposés sous noft yeux sans avoir été appréciés, ou l'ont été par des con^eetures vagues et sans portée. Depuis que les observations sa sont dirigées de ce côté, on a vu que les feuilles et les braur ches sont disposées sur les tiges de manière à ne pas sa recouvrir mutuellement, mais au contraire à se trouver t>lacées sur diflérentes lignes et différents plaB&» Cette ài^
* DeraiMftdéff^iridbftyllénuiirt^SU.
m Ina, é'jppès iBeiiBet^ mimat «cinq nnrsngemeitts iiMiuii 46 'Ces apnmgeineats a penrimt ia meHtàeiae «pj^ioatien {msâile des fonetieiis de la plante par Mf poit à «a^rafideur, à sa forme^ à sa position sur le sol, et enfia^am OMditMiispaFticaitères dans lesqueHes elle est . dwtinée à wme. Dans certaines pluites bei^oées qui s'élèwesA si ipea que I^kts feuilles touelrant immédiafteoient la «KP&ee de <k toive, «es feuilles sont airangées autour eu colkit «u >da ified de la plante, en €on»e d'4toile comme pour le ptotain* Les rayons de ees folles sont plus ou «loiBS Bomèveux «livant Tespèoe^ Cette disposition offre ^ Donme aieus venons de le signaler^ l'avantage que les lienttles ne se ceeoiiniast pas les unes les autres laissent à idiacu&e «une entière liberté pour reeevoir les pluies -tm k)s trayons «olaiPM. D'airtres plantes ^^nme le 'boutUon blane omt leurs leuilles disposées en forme d'entonnoir; Il eii^sst de wèine de celtes de J'ortie et de famarantbe. Aireun 4e eesatrangemenls de feuilles n'e^ft indiff^^^nt^-et ebacim 4es ordres mâiqués plus haut a préeëément pour but uoe caitégorte particulière d'efiets ulâes.
Le ^latri^ne mémoire a pour o^ei spécial la forme et k dispoBtticm -des folioles ou petites feuilles attachées sur le même ipédieule que les grandes et les diverses ancimalies ^ se font Démarquer dans leur arrangement. Ces folioles offpeat beaucoup de bizarreries ou de particularités remarquables, noB-eeulement dans le même individu, mais encore dans la même feuille. Ces variétés sont beaucoup plus nombreuses dans les espèces herl^acées que dans les espèces ligneuses. Il cite pour exera[4e de ces anomalies, le framitoisier, le jasmin, le noyer; il mentionne une singularité de la feuille d'un chou-fleur; au-dessus et à Textrémité supérieure de la nervure principale d'une feuille, s'élevak une
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tige cylindrique qui portait à sod somoiet un bouquet de feuilles. La forme de celle&-€i imitait parfaitement une sorte de cornet terminé par un rebord; d'autres cornets plus petits et de forme d*oreilles de chat partaient à kui tour de la principale nenrure des com^ principaux. Tout cet assemblage, mêlé de boutons de feuilles naissantes rappelait les productions marines de l'espèce des polypiers. Bonnet présume que la cause de pareilles bizarreries consiste dans les dérangements survenus dans la marche naturelle de la sé?e, soit par les krrégularités avec lesquelles elle se dirigerait vers certaines parties à l'exclusion deft autres, soit par la conformation imparfaite de certains vaisseaux. Certaines feuilles ont suivant lui pour fonctions, moins encore de pomper l'humidité ou de contribuer à Tévi^ioration de la plante comme il l'a fait d)server plus haut, que de fournir de leur propre substance une nourriture convenable à la tige qu'elles renferment ^ La pomme du chou en est un exemple remarquable. La forme de ses feuilles, leur épaisseur, la manière dont elles sont groupées les unes sur les autres, leur dépérissement lorsque la tige qu'elles nourrissaient a achevé de se développer, peuvent faire penser qu'il en est de cette pomme, comme de certains oi^anes de plantes qui s'épuisent pour fournir au développement de la tige placée à ' leur centre. 11 observa encore que si . Ton met une pomme de chou sur un vase rempli d'eau, il sortira du centre beaucoup de racines; la petite tige paraîtra bientôt; elle montera et fleurira comme elle Taurait fait en pleine terre*
Certaines feuilles ont une force de végétation particulière telle que si l'extrémité de leur pédicule se trouve
> 4« Mémoire, g î:2.
QUÀTRIÈHE MÉMOIRE. 73
plongée dans des vases pleins tf eau,, elles pousseront au bout de quelques jours des racines et se transformeront en véritables plantes. Les feuilles du haricot, du chou, de la belle-de-nuit, de la mélisse sont des espèces herbacées qui offrent aussi cette singularité. Il faut avouer que ce phénomène qe sert qu'à montrer la force végétative, car ces feuilles garnies de racines ne vivent pas longtemps, et transplantées en terre n'y font aucun progrès.
Le savant botaniste Adanson avait aussi fait observer que plusieurs plantes liliacées à feuilles charnues et solides, se reproduisent par leurs feuilles au moyen de véritables bourgeons qui sortent de la base ou du pédicule de la feuille, comme dans Taloès ou la scille maritime, ou de leur extrémité, comme dans quelques espèces d'animé. Ces bourgeons s'élèvent de la partie supérieure de la feuille, tandis qu'il se forme des racines de la partie inférieure ou opposée au bourgeon. « Si les plantes herbacées, dit Valmont de Bomare, paraissent avoir plus de dispositions à pousser des raeinos que les plantes ligneuses, il est possible de l'attribuer à leur conformation et à la délicatesse de leur tissu qui permet plus facilement la sortie des germes cachés sous l'enveloppe du pédicule. »
A la tin de ce mémoire Bonnet rendit compte des expériences qu'il avait faites sur les causes de l'étiolement des plantes qu*il croit êb'e la privation de la lumière, et qu'on peut toujours empêcher par l'exposition des végétaux au grand jour.
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ChuiliièflM mémoire ; lur U circulation de la sève dans les plantes. — Réfutation de l'opinion des naturalistes qui considèrent le mouvement de la séye comme tme Téritable circulation. — Conjectures de Bonnet sur la TéritaUe nature de oe fluidt. *^ Aiitrta observations contenues dans le ciu^ème mémoire. -~ Essais nouveaux sur l'agriculture. — Origine des méditations philosophiques de Bonnet ; son Essai sur la fiberU adressé à Cramer. -> Conrespondaaee atec Cramer sur ce sujet (1747).
De l'étude des feuiUes Bonnet fut conduit dws un cinfutème mémoire à t'oecuper de la nature de la léve qui circule dans l'intériear des plantes. Un doute sur ce sujet s'était élevé anciennemeiit parmi les naturalisteB : la sève si'élève4-eile par réoorce ou par le bois? Pour le décider^ Bonnet eut recours à des kgections de matières colorées ; ces injections^ en pénétrant le végétal^ lui apprirent que la nim monte par les fibres ligneuses qui la c(»iduiient i la Sttffiioe inférieure des feuilles, et qu'une partie de ce fluide nourricier redescend par les fibres de Técorce vers les racmes. Plusieurs savants contemporains avaient fait à ce sujet de remarquables expériences. Parmi eux il faut citer l'abbé Corti, le célèbre Haies, connu par sa StaUqiu det vé§étaux, dont la traduction en français fut le premier ouvrage de Buffon» et Labaisse, autre botaniste, contemporain de Bonnet. Haies avait établi dans son ouvrage que les feuilles des plantes étaient des organes spéciaux disposés pour distribuer la sève dans toutes les parties du végétal. On ne saurait douter, d'après les expériences de ces divers observateurs et en particulier d'après celles de Bonnet, que la sève ne forme une sorte de courant double dont l'un monte el