‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 49 sur 126 · RÉFUTATION D* L'OPINION DES NATURALISTES · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D* L'OPINION DES NATURALISTES

l(Hre le bois teint moins vite que Tair, que la liqueur oolo* rente t'élère plus promptement dans les racines que dans la tige; il constata même le degré de facilité avec lequel direrses espèces de plantes pouvaient être colorées par la même teinture. 11 s'assura, dans d'autres eipénenœs, que les feuilles aiaient contracté Todeur de liqueurs spiritueuseï dans lesquelles elles avaient été plongées par leur pédicule. Des branches d'arbre, plongées par le bout coupé, donnèrent lieu au même phénomène, et l'on put observer sur ces feuilles le passage de la liqueur par des lignes noirâtres qu'elle avût tracées sur toutes les nervures, car cette ii^eo* tion fEusait paraître et rendait distinctes les pk» petites ramifications des vaisseaux. Cest ce qui put permettre à l'auteur de ces expériences de former quelques ooigectures utiles sur la marche des sucs nourriciers. Pour perfectionner ces essais, il fit blanchir par l'étiolement des haricots, des pois et des fèves; le blanc vif qu'oCTraient alors ces planta rendait plus sensible à Tœil la route de la liqueur colorée qu'on leur faisait pomper m les plongeant, pendant quel* ques jours, soit dans une infusion de garance, soit dans le sue rouge du Phytolacca, soit dans une teinture verte végétale, smt, ce qui est encore plus simple et donne de bons résultats, dans une teinture d'encre. Cette teinture, quelle qu'elle fût, montait le long de la tige au-dessous de l'écorce sous forme de lignes colorées et parallèles; elle se rendait jusqu'à l'extrémité de la prmcipale nmrure des feuilles, et seulement par les vaisseaux de leur partie inférieure ^ Si alors on coupait transversalement près de la racine la tige ainsi colorée, on y distinguait un certain noiid[)re de points d'une couleur foncée qui sont les orifices des gros vaisseaux ou fibres ligneuses. Bonnet vit aussi que les lobes des graines

■ 5« Mémoire sur Vumge det feuilkt, § 90.

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se coloraient comme les vaisseaux de la plante^ et que la matière colorante finissait par obstruer les conduits dans les plantes herbacées ou ligneuses et déterminait leur mort. Toutes les plantes se prêtaient d'ailleurs à la colorisation avec plus ou^ moins de facilité ou de rapidité, aucune n'en était exempte^ pas même le gui^ qui^ par la dureté de son tissu, aurait pu paraître se soustraire à la loi générale^ comme dans les expériences relatives au retournement des feuilles, il s'était constamment refusé à produire cet effet. Ces diverses observations pouvaient aider à former quelques conjectures sur la marche et la direction de la sève. Quelle cause peut la déterminer à s'élever dans les végétaux? Gomment ce fluide, aspiré par les radnes, est-il porté aux extrémités les plus éloignées du végétal ? Bien des opinions avaient été débattues à l'époque où furent faites les expériences que nous avons rapportées; quelques physiciens avaient pensé que les liqueurô montaient dans les canaux des plantes par la même force qui sert à les élever dans les tubes capillaires. Notre observateur rejette cette hypothèse en se fondant sur l'expérience suivante. Des branches sèches, coupées transversalement et placées^dans un vase contenant une liqueur colorée, n'ont jamais absorbé aucune teinture, tandis que des branches vertes se sont toujours colorées par le même procédé. U faut donc chercher l'explication ailleurs, et il se peut qu'il existe une force vitale végétative dans la plante encore verte , et qui ait complètement disparu de la plante desséchée ^ Ce pourrait bien être un mouvement analogue au mouvement péristaltique des intestins. Ou bien est-ce que la chaleur, agissant sur les lames élastiques des trachées, serait cause de cette ascension par des alternatives de contraction et de

* 5* Mémoire sur t usage des feuiltes, § 95.

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