‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 50 sur 126 · OBSERVATIONS DU CINQUIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DU CINQUIÈME MÉMOIRE

dilatation? Bonnet paraît pencher pour une de ces deui hypothèses. Quant à nous, il nous semble que le phénomène de Tascension capillaire doit être considéré comme jouant ici un rôle essentiel.

Si Charles Bonnet n'a pu résoudre complètement ce difficile problème, il en a beaucoup éclairé la solution. Ck)mme tous les esprits supérieurs^ il a saisi le nœud de la difficulté^ et si Ton examine les travaux des naturalistes contemporains, on verra que ceux du philosophe genevois avaient préparé la route qu'ont suivie avec succès MM. Thouin^ Gaudichaud, Dutrochet, Àmici^ Becquerel et plusieurs autres. Mais il faut avouer qu'il reste encore beaucoup à connaître sur ce sujet difficile.

Les mémoires sur l'usage des feuilles contiennent encore de curieuses particularités sur certaines monstruosités végétales et plusieurs phénomènes dignes d'attention^ tels que celui de feuilles qui , ayant été plantées en terre , avaient poussé des racines et étaient devenues de véritables plantes. Leur auteur rendit aussi compte des causes et des effets de l'étiolement ; il s'occupa, en outre, de détruire un préjugé fort répandu alors, même parmi les physiciens et les agriculteurs éclairés du temps. 11 s'agissait de savoir s'il était vrai, comme on le croyait alors, que le blé pût, soit par l'effet de l'humidité ou d'autres causes que Ton expliquait fort imparfaitement, dégénérer en ivraie, de manière à ce qu'un champ ensemencé avec du froment produisît une récolte mi-partie de blé et d'ivraie. Notre observateur, toujours occupé de mettre les hommes sur le chemin de la vérité, par des expériences directes, prit les plus grands soins pour démontrer la fausseté de cette opinion. 11 fit voir, par des faits, que toutes les récoltes contenant ces mélanges d'ivraie provenaient de négligences dans l'emploi des grains qui avaient été semés sans que l'enlèvement des plantes

d'ivraie eût été complet, et dont un petit nombre avait pu subsister lors du dépôt de nouvelles semences. Il publia une remarque utile sur la rosée^ à propos d'une expression dont il s'était servi dans son ouvrage sur les feuilles. H avait dit que la rosée s'élevait de terre. U saisit cette occaskm pour exposer les fonctions des feuilles à l'égard de cette vapeur; il développa les deux théories les mieux faîtes alors^ celle de Dufay et celle de Leroy. Suivant Dufay» la rosée se serait élevée de terre; il fit voir qu'il n'en était point etactement ainsi^ et qu'il valait mieux adopter l'explication de Leroy, de Montpellier^ suivant laquelle la rosée n'est autre chose que de l'eau tenue en dissolution dans l'atmosphèrcf, à proportion de son degré de chaleur. Par suite du refroidissement des corps avec lesquels cette vapeur est en contact, et^ en particulier, par suite du refroidissement de la terre, elle se dépose à leur surface sous forme de gouttelettes plus ou moins fines. Il montra que les expressions dont il s'était gervi, par rapport au rôle que la rosée jouait dans l'humidité déposée à la surface des corps, n'étaient pas d*une exactitude parfaite, quant à la lettre, mais devaient s'entendre des couches d'air placées les unes au<lessus des autres et qui se refroidissent successivement. Ainsi, comme la terre se refroidit elle-même d'abord en rayonnant partout de sa chaleur, il s'ensuit que les parties inférieures des couches atmosphériques se refroidissent aussi les premières. Les eCMs .de la rosée se font donc sentir de bas en haut, comme si celfe-ci s'élevait réellement de terre. Il joignit à ces travaux des observations sur la structure de l'épiderme des feuilles ^

Les Recherches sur l'usage des feuilles sont un des ouvrage» les plus curieux et les piMS utiles qu'ait publiés Bonnet; un

* Mémoire sur l'usage detfeuHleSf V supplément.

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