OBSERVATIONS DU CINQUIÈME MÉMOIRE, SS
des plus originaux par sa nature^ pur l'eiactitude des etf^r rienceâ^ et par leur nombre et leur variété. La précision dei faits et la tnaniêre simple et lucide dont ils sont exposés mérite à ces cinq mémoires d'être encore lus et étudiés aujourd'hui avec fruit. Us furent publiés^ en 4754, à Leyde» par les soins de M. AUamand^ ami du naturalbte et pro* fesseur dans cette ville. Les dessins, parfaitement exécutés par Soubeyt^n, Irès-babile dans ce genre, furent gravés par deux artistes également renommés. Van de Laar et Schley^ Commencé en 4747 et interrompu plusieurs fois par des recherches d'un genre différent, cet important travail occupa l'auteor pendant sept ans; les suppléments ne parurent qu'en 4779.
Nous placerons ici une correspondance de Bonnet avec quelques «laviifits, au sujet de son livre sur téS fènilles, et qui terminera tout ce que nous avions k dire sur ee sujet; elle eut lieu en 4784, et se rattache trop étroifemetiC an sujet potir ne pas en donner ici quelques extraits.
En g^ni-ratj ce traita fut très-bien accueilK des savmts de répoque; tous avaient été unanimes pouf le Imier. R^aumur se hâta de lui écrire an?sil6t de Paris, après sa' réception : ^ ^T^' ^
« Le 9 février 1754.
« Vous pouveï être tranquille sur le sort de votre ouvrage. « I! ne saurait être douteux. 11 contient un grand nombre « de faits nouveaux, curftux, propres à répandre beaucoup « de jour sur la manière dont se fait la végétation des « plantes, des observations sur l'exactitude desquelles vous « ne laissez rien à d^irer; ub grand nombre de vues ingé* « nieuses. Que faudrait-il donc pour assurer le succès d'un a Yïsve de physique ? Je l'ai lu tout entier, à une vingtaine « de pages près, que je me suis réservées pour ce jour. 11 « est tout autre qu'U n'était lorsqu'il a passé sous mes yeux,
84 CHAPITRE GINQUIËME.
« manuscrit, ou aurait p^ alors le trouver écrit d'une façon « trop languissante. Cela n'est plus. Vous avez réduit les a détails à ce qu'il suffisait d'en rapporter. Le quatrième « et le cinquième mémoire ont été entièrement oouveaux « pour moi. Il me semble que Ton ne pouvait mieux s'y « prendre que vous ne Tavez fait dans le dernier, pour faire « voir la marche de la sève dans les plantes. »
Bonnet avait précédemment lu avec admiration ÏEsprit des lois, et s'était hâté d'envoyer à l'illustre président les Recherches sur les feuilles, avec une lettre remplie des sentiments de la plus sincère admiration pour le philo* sophe français. Montesquieu lui fit la réponse suivante :
« Paris, 20 février 1754.
« Si j'avais suivi les sentiments de la seconnaissance, « monsieur, j'aurais eu l'honneur de vous faire réponse « sur-le-champ ; mais votre lettre était accompagnée d'un a livre que je voulait lire, et il est arrivé que la lettre que « je voulais employer à vous remercier sera employée <K Iniquement à vous féliciter. Votre ouvrage m'a conti- « nueilement éclairé et m'a continuellement fait plaisir, « parce que vous nous menez d'observations en observa- « tions. Je suis fâché de ne pouvoir pas vous dire de conc( tinuer vos travaux sur les matières de physique, puisque « ces mêmes travaux ont affaibli votre vue. Je suis fâché « de ne pas savoir quelle espèce de maladie d'yeux tous (c avez, parce que je vous aurais proposé une eau dont je a me sers tous les jours depuis trente ans, tirée de simples, a et qui m'a empêché d'être aveugle depuis trente ans* « Avant ce temps-là j'avais essayé une multitude innomc( brable de remèdes, tout m'avait été entièrement con- « traire. Je ne suis plus en état, non plus que vous, de lire. « 11 y a dix ans que j'en suis privé, à cause d'une cataracte