‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 52 sur 126 · OBSERVATIONS OU CINQUIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS OU CINQUIÈME MÉMOIRE

a qui m'est survenue sur uu œil. Quoi qu'il en soit^ je vous a aurais envoyé ma recette. Je suis fort touché, monsieur, a d'une autre conformité dont vous me faites l'honneur de « me parler, c'est de nos idées sur le rapport des lois ; c'est « un champ très-vaste» la moisson est ample et n'attend « que les ouvriers, etc. »

A la suite de cette lettre, Bonnet en écrivit une autre à Montesquieu, et s'entretint encore avec ce grand écrivain de certaines observations que ses amis et lui avaient faites sur la définition des lois donnée par le président, au commencement de son livre. Bonnet et l'un de ses amis, M. de Beaumont, fàvaient critiquée conune inexacte. Suivant Montesquieu, les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ^ M. de Beaumont disait qu'il fallait dire les conséquences des rapports , etc. Cette critique fut adressée à Montesquieu qui, tout en louant l'intention, conserva son expression. Il nous semble que la critique était iffisez juste, et que la définition de la loi n'est pas ici trèsbonne ni très-exacte. Mais la définition de M. de Beaumont ne vaut pas mieux que celle du président; car c'est donner une idée vague des lois que de les appeler des conséquences de rapports ; elles sont bien plutôt des règles ou des piineipes qui servent à diriger les sociétés, ou , d'une manière plus générale» dos principes qui règlent les rapports existants entre des êtres divers. 11 y avait donc, en réalité, quelque chose à dire à la définition de Montesquieu, car elle manquait de justesse et n'était pas assez explicite *.

Albert de Haller, auquel Bonnet avait aussi envoyé son livre et qui avait déjà donné, sans que l'auteur en eût été prévenu, un extrait de Tlnsectologie, dans un recueil appelé Bibliothèque raisonnée, joignit aussi son éloge aux précé-

* Êiprit des lois^ ehap. i*'.

' Voyez Mémoires de Bonnet. Lettre 7.

dents, il écrivit au jeune naturaliste genevois^ le 16 mai 1754, de Berne :

« Je suis infiniment sensible, monteur, au beau présent « que vous venez de me faire, et je m'attends à le lire avec « beaucoup de satisfaction et d'utilité. En entretenant le a public de Y Insectologie , je n'ai fait que m'acquitter du « devoir d'un journaliste, en apprenant au public combien « il avait à attendre de cet ouvrage et de l'industrie infati- « gable avec laquelle vous aviez constaté les faits. Je ne « disconviens pas de la part que j'ai eue à cet extrait, sans « comprendre comment ce petit mystère a été découvert. »

il écrivit un peu plus tard à propos (|tt méâie. ouvrage : « Je n'ai jamais fait d'expériences sur les végétaux, et je suis « fort ignorant là-dessus, à l'exception de ce que j'ai su (c profiter des expériences de Malpigbi, de Green et des « yôti*es dont j'ai fini la lecture. J'ai été charmé de voir que c( les feuilles attirent l'humidité et non l'air, qu'elles sont « les intestins et non les poumons des plantes. J'ai étéauAi « Tîien aise de voir le jus colorant s'élever et se montrer « dans la plante. J'ai fait un extrait de votre ouvrage, qui « paraîtra dans le journal latin de Gottingue. »

En 1749, Bonnet donna un autre cours à ses recherches sur la physique. 11 tenta de répéter les expériences de Réaumur, sur l'art de faire éclore les poujits par la chaleur artificielle. Malgré tous ies soins qu'il se donna et les pré* cautions qu'il prit, il ne put réussir à tirer un parti utile de cette méthode, et ses expériences ne purent rien établir de décisif, tant il est difficile de remplacer les forces de la nature par des imitations! Mieux instruit par ces premiers essais et par la correspondance qu'il eut à ce sujet avec le natural^ français, il en tenta de nevivelles et fut un peu plus heureux, mais beaucoup moins que ne l'avait été Réaumur lui-même; toutefois il réussit asses bien sur des

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