‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 69 sur 126 · RÉPONSE DU COMTE DE BERNSTORF · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU COMTE DE BERNSTORF

avoir fait connaître Testime que nous avons dans ce pays pour vous. Ne pensez pas que jamais vous y serez étranger; nons désirons trop des liaisons avec vos pareils; nous aimons trop à les cultiver. Le Roi y agréera avec une satisfaction toute particulière (il m'ordonne de vous le dire) la marque de vos sentiments pour lui que vous lui destinez^ et il saura toujours distinguer une voix telle que la vôtre> quelque grand que soit le nombre de celles qui lui applaudissent «. »

Ce fut peu de temps après ce triste événement, dans l'autoame de la même année 1760« que l'Essai analytique parut à Copenhague en un volume in-4** et sans nom d'auteur; l'ouvrage fut immédiatement lu avec intérêt par tous les savants et même les personnes du monde. Nous allons en donner une idée sommaire et nous rapporterons en même temps quelques-unes des correspondances qui furent échangées a son sujet.

' Mémoires de Bonnet^ lellre ! r.

Id6 CHAPITBG NEUVIÈME.

Caractère de VEstai analytique sur les facultés de Tâme (t 759). — Examen de cet ouvrage. — Extrait de la préface. — Utilité pratique de l'Essai, — Démonstration de la liberté de l'âme. — De Tâme des bêtes. — Correspondance avec plusieurs savants au sujet de ce traité. — Analyse d'uuQ lef^e d'Euler. — ^ Lettre de Bonnet à Formey. — Lettre de Mairan.

Dans rE8sai analytique Bonnet s'attacha plus aux faits particuliers qu'aux généralités qui avaient été Tobjet principal de TEssai de psychologie ; il y dirigea toute son attention sur l'analyse de nos diverses facultés intellectuelles et la manière dont «ftes s'exercent. Ce fut pour arrii«r à cet examen approfondi^ qu'il imagina l'hypothèse ingénieuse d'une statue qui s'animerait successivement^ à tnesure que chacun de ses sens viendrait à s'exercer et éveillerait les premières idées dans le cerveau^ ainsrqu'il en adviendrait dans un être animé. Par un hasard singulier^ il se rencontra dans cette supposition avec le philosophe Condillac qui avait employé le même procédé dans son Traité des sensations, et qui cependant arriva à des conséquences différentes. Lorsque Bonnet lut le Traité des sensations, il fut tenté de renoncer à son entreprise. Mais, voyant qu'il était loin d'arriver aux mêmes conclusions que le philosophe français et que le point de départ seul était le même , il aima mieux ne pas perdre sans motif le fruit de ses méditations , et termina son travail en 1759.

Dans l'Essai analytique sur les facultés de l'âme, il part de ce fait que la privation d'un sens comporte celle de toutes idées attachées à ce sens. Il en lire cette conclusion, analogue à celle de son Essai de psychologie, c'est que nos sens sont la

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