‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 88 sur 126 · LA PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

LA PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

comme certains philosophes superficiels Tont fait parfois^ de vouloir établir une analogie trop complète entre le mouvement de la sève et celui du sang des animaux K La circulation du sang est beaucoup plus compliquée que le mouvement de la sève et suppose une multitude d'organes qui n'existent pas dans le végétal; celui-ci occupe dans l'échelle des êtres une place beaucoup moins élevée par sa simplicité. Dans le végétal, le jeu de la sève ascendante et descendante ne forme qu'un mouvement de va-et-vient bien différent du mouvement circulatoire qui se passe dans les veines et dans les artères. Le besoin de bâtir des systèmes qui préoccupe un si grand nombre de naturalistes et de savants a été cause de ce rapprochement ingénieux mais inexact. La plante n'a qu'un rapport très-éloigné avec l'animal, même le plus simple ; la nature, dans sa richesse, a su donner à chaque espèce d'êtres des organes parfaitement distincts. Un fait très-connu peut d'ailleurs suffire pour détruire cette comparaison fausse de deux ordres de phénomènes bien séparés. Un arbre placé à contre-sens, la racine en haut et la tête en bas, ne laisse pas de végéter, de croître et de se multiplier. De la tête sortent des racines, des radicules et un chevelu plus ou moins abondant. De la racine sortent des branches et des feuilles. De cette sorte, la vie de la plante se reforme en quelque manière à rebours ou sens dessus dessous. Comment pourrait-on concilier ce fait avec rien qui ressemblât à la circulation du sang et à la vie animale? Plus loin. Bonnet s'étend avec de nouveaux détails sur l'accroissement, la germination et la nutrition des plantes, et montre que la plante est douée de moyens de reproduction plus variés, plus féconds, plus complété que ceux d'un grand nombre d'animaux ; il ex-

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plique les phénomènes remarquables de la gennination dei plantes bulbeuses qui se reproduisent avec tant de facilité dansTeau et dans différents milieqx. Pour donner un exemple de la puissance de la végétation et des moyens dont la nature se sert pour développer et entretenir la vie dans les végé» taux, il cite Ténorme baobab du Sénégal, qui atteint k une longévité extraordinaire, dont le trône parvient jusqu'à soixante ou quatre-vingts pieds de circonférence et dont les principales branches, qui en ont souvent plus de soixante de longueur, s'inclinent de plus en plus vers la terre par leur propre poids, y prennent en6n racine de telle manière qu'au bout d'un certain temps d'un seul arbre il naît une forél tout entière. Il semble ainsi que la vie soit répartie dans les végétaux par une juste compensation de la nature, avec d'autant plus de puissance et de variété qu'il y a chez eux moins do sentiment.

Dans le règne animal auquel nous conduit la septième partie, les phénomènes deviennent plus curieux et le spectacle s'y agrandit encore. De la physiologie végétale Bonnet passe à celle des animaux : il explique leurs organes et analyse leurs fonctions; il expose les merveilles du système nerveux, cérébral et digestif, le jeu des muscles qui servent aux différents mouvements et à la locomotion. En faisant connaître le mécanisme de la nutrition et de la digestion, il rapporte les expériences de Réaumur et de Spallanzani sur les fonctions de l'estomac dans les différentes espèces et en particulier chez les oiseaux. Ces expériences, les premières réellement importantes qui eussent été faites, ont d'autant plus de valeur que les travaux les plus récents les ont confirmées en très-grande partie et en opt conslaté l'exactHude, tout en y tijQ^tapt de pouvet^x fait§« Déjà Sorel^i et Bfldt ^

* Voir Vlntroduciion,

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