‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 93 sur 126 · ORGANISATION DES INSECTES · texte numérisé non relu

ORGANISATION DES INSECTES

rieqr à celui (ie nos plus rudes hivers. Réaumur en fil Texpérience sur des chenille^ irès-jeunes, qu'il exposa à un (roid de quinze degrés de 9on therraon^ètre ; elles furent si profondément gelées qu'en les laissant tomber sur une tasse de porcelaine, elles y rendaient le même son que de petites pierres, et cependant elles ne moururent point, car l'observateur les \it avec surprise, exposées à une chaleur douce, reprendre graduellement le ipouven^ent et la vie *. Les ressources et les richesses de la nature, les moyens variés dont çUe se sert pour conserver et perpétuer la vie chez tous les êtres, apparaissant d'une maniera encore plus çidmirable dans les phénomènes de la reproduction et de la ponte chez les insectes. Il semblerait que l'auteur de la création ait voulu entourer de mille précautions et de mille moyens de défense la vie de ces petits individus environnés de dangers de tous côtés et qui peuvent être détruits à chaque instant, puisque le moindre choc d'un corps de quelque étei^due en anéantit des peuplades entières. Aussi voyez avec quelle facilité , quelle promptitude ils se multiplient. La reine-abeille peut pondre cinquante mille ceufs dans une seule saison ! Et les fourmis, les mouches et les nombreux insectes que nous sommes s^^ns cesse occupés à chasser et à détruire, quelle n'est pas leur prodigieuse multiplication ! C'est q\ie la nature soucieuse de leur destinée exposée à tant de chances de destruction les a doués de ressources particulières à leur ordre pour dérober au jour les çeufs qui contiennent leur postérité , et leur a donné un art infini pour leur bâtir éit& demeures propres à les mettre à l'abri. Les instruments qui leur servent à préparer leur domicile sont ^ussi va^riés que curieux; ceux qu'ils emploient à la ponte de leurs ^ufs ne le sont pas moins. Certaines espèces

* Contemplation de la naturcy VllI* partie, ch. iv.

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de mouches ou de papillons ont à la partie supérieure de leur corps une sorte de queue, de patte ou de prolongation qui leur sert à déposer leurs œufs dans les retraites qui leur semblent les plus sûres. Il est des papillons femelles qui portent au bout de leur corps une sorte de patte, ou main fort adroite à l'aide de laquelle ils s'arrachent leurs propres poils pour en recouvrir leurs œufs et les garantir du froid *. Certaines mouches dites Ichneumones portent à la même extrémité des tuyaux plus ou moins longs, plus ou moins compliqués, au moyen desquels elles font pénétrer leurs œufs dans le corps de divers insectes vivants. La mouche du rosier est encore mieux partagée : elle possède une double scie qui lui permet de pratiquer dans le bois des jeunes arbrisseaux de petits trous qui lui servent d'abri pour loger ses œyfs. Tout le monde peut observer dans les campagnes, en examinant les sauterelles, l'espèce de sabre ou d'épée qu'elles portent à l'extrémité de leur corps; c'est un instrument approprié à la ponte. 11 leur sert de plantoir, au moyen duquel l'insecte pratiqué dans la terre des trous pour y déposer sa ponte. Les tipules, espèces de grands cousins à deux ailes, sont armés du même instrument pour le même objet *. Bonnet a su décrire dans cette partie de son ouvrage, avec le plus grand charme, tous les phénomènes de la reproduction des insectes, ses variétés et les phases diverses de l'accroissement de l'animal. Il fait en abrégé l'histoire d'un petit insecte connu sous le nom de Gallinsecte. Ces petits animaux paraissent au premier abord de petites boules informes, et cependant ils contiennent dans leur intérieur des peuplades entières d'êtres vivants.

On suppose bien que Bonnet ne peut pas parler de cette division du règne animal, sans revenir au moins rapidement

* Contemplation de la nature^ Vlll* partie, ch. vi, note. ^ Ibid.f ch. VI, uole.

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