‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 97 sur 126 · MÉTAMORPHOSES DES INSECTES · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DES INSECTES

il est ici question, que Bonnet n'avait pas fait une juste appréciation du degré qu'ils doivent oecoper dans i'éctielle de l'animalité, puisqu'il ne détermine pas nettement la place qu'ils doivent occuper dans une bonne classification. 1 1 règne un certain vague dans les caractères qu'il leur assigne . Ils forment aujourd'hui une classe particulière sous le nom de zoophytes infusoires qu'il faut distinguer des autres zoophytes proprement dits, tels que les intestinaux, les acalèphes, et les polypes ou hydres dont nous avons déjà parlé plus haut.

La description des procédés industrieux et des métamorphoses des insectes est curieuse et pleine d'attraits. On s'arrête particulièrement avec plaisir sur les transformations de Tespèce qu'il nomme mouche-araignée. On sait que^ les insectes subissent un changement complet dans les diverses phases de leur existence. Sortis d'abord d'un œuf 80us la forme de ver, ils se transforment ensuite en nymphe ou chrysalide. On appelle nymphe une enveloppe extérieure qui renferme le ver avec toutes ses parties molles et transparentes ett|ui ne les tient point assujetties au corps ; chrysialide, une enveloppe plus dure et plus solide qui recouvre tous les membres sans cependant les cacher entièrement. Ces deux états subissent d'ailleurs une foule de modifications et de variétés suivant les espèces. La mouche-araignée avait déjà fait l'objet d'un des anciens mémoires de Charles^ Bonnet. Cet insecte, qui se pose fréquemment sur les chevaux et suce leur sang, est appelé par Linnée hippobosque; i| a la propriété de produire un œuf d'où sort parfaitement formée une autre mouche qui atteint immédiatement la grandeur de la première qui Ta produit Par une exception aux faits généraux, cet œuf reçoit dans le ventre de la mèr^g^ un accroissement qui lui fait atteindre toutes les phases son développement, et tandis que dans les autres espe

analogues les œufs produisent de petits vers^ celle-ci produit sans transition la mouche réelle et définitive. Dans ce phénomène singulier de reproduction, le corps de la mère s'enfle prodigieusement pendant la ponte, de manière à dépasser de beaucoup ses dimensions ordinaires, et aussitôt après la sortie de l'œuf, reprenant ses proportions primitives, il se trouve que la petite mouche est aussi grande que celle qui lui a donné naissance ^

Les transformations que subissent les insectes portent à se demander si l'inseôte dans ces divers changements reste le même, ou s'il change en quelque sorte de personne. Est-ce seulement un état particulier d'une même existence qui succède à un autre état? ou est-ce un individu qui fait place à un autre, complètement différent du précédent ? La première opinion est celle de Bonnet. D'après lui l'insecte demeure le même parce que sa forme seule change, la chenille n'est que le papillon sous une première forme , se nourrissant, rampant, filant ; la chrysalide est encore le papillon emmaillotté ; il n'y a dtins l'animal qu'une seule individualité, un seul moi, il n'y a pas trois personnes distinctes. Le même individu sent, touche, goûte, voit, agit par différents organes, en différentes époques de sa vie. Il a, dans un temps, des sensations et des besoins qu'il n'a pas dans un autre, et ces sensations, comme ces besoins, sont toujours dans un rapport déterminé avec les organes destinés à les exciter et à les satisfaire, lesquels organes changent suivant les lois propres à chaque état nouveau, mais au fond le même individu subsiste. Cette manière de voir et de penser était aussi celle du savant naturaliste suédois de Geer, qui a mérité le nom de Réaumur de la Suède. Il fonde son

oinion sur la disposition des stigmates ou conduits de la

Contemplation, W* parUe, ch. vu.

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