CHAPITRE XXXIV
Adélaïde étoit allée se promener dans lesjardiiisdeSanlangélo. Livrée à sa sombre rêveriCj elenlraînée, sans s'en douter, par la beauté de la soirée , elle étoil parvenue à une porte du parc , en avoit fraiiclii l'enceinte , et s'étoit enfoncée dans ce bois voisin , où Jean et Marguerite avoienl passé des momens si heureux.
Tout lui relraçoil celui qu'elle aimoit, et dont elle attendoit des nouvelles avec lanl d inquiétude. Mais combien le souvenir de Gustave déchiroit son cœur !
Elle étoil triste et pensive, assise au pied d'un aibre , lorsqu'un signal se fait entendre ; elle distingue ces mots prononcés d'un ton sinistre : — (Voilà mademoiselle
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« Vicloriiie; elîeesl seule, ne perdons pas « (le temps.)) — Ellese relourne. Elle voitj entre le parc el le bois, plusieurs liomnics armés qui courent vers elle; elle veut fuir; on l'allcint , ou la saisit , on la porte avec Yiolence dans une voiture ; un des chefs de la liande s'y enferme avec elle, el, un poigt^.ard à la main , la menace de la tuer, si elle cherche à s'échapper, si elle jette un ciii et la voiture, ainsi que les hommes armes el à cheval qui la suivent, parlent avec rapidité.
Léopoldlne cependant, impatiente de connoître le succès du complot qu'elle avoit commandé, craignant que quelque pri'caulion n'ait été oubliée, et brûlant du désir de jouir de sa vengeance, s'étoit empressée de quitter Rome. Elle en éloit partie à cheval avec un de ceux à qui elle cro)oil pouvoir se fier, s'étoit arrêtée dans une masure abandonnée, y avoit revêtu un habit d'homme qu'avoil apporté pour elle celui qui la suivoit , el , ainsi
ET ALFIIO^'SINE DE FLORENTINO. I o3
déguisée , s eloil avancée du côlé de Sanlaii«elo. Elle voit de loin une escorte qu'elle lecoimoît , la joint, apprend avec transport que Viclorine est dans la voiture , et ne veut la quitter que lorsqu'elle sera arrivée à l'endroit écarté où sa rivale sera entièrement en sa puissance. La nuit approche ; elle ordonne de s'éloigner encore davantage de la grande route, mais de continuer de s'avancer dansladireclioa des frontières napolitaines, et de ne s'arrêter que lorsque , vers l'approche du jour, on sera parvenu à quelque forêt dans laquelle on puisse n'être pas aperçu.
I0"4 CHARLES d'eLLIVAL
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