CHAPITRE XLV
Jr LusiEURS jours après avoir donné des larmes à la marquise de Florenliiio, et loul fail pour lâcher de consoler sa fille, les familles de Sanlangélo , d'EUival et de Florenlino , fixèrent le jour où Charles et Le'on seroient heureux époux. Le mariage de Germain et celui de Michel dévoient êlrebénisen mêmetempset dansle même endroit que ceux de Léon et de Charles. Mais la louchante cérémonie si nécessaire à leur bonheur et à celui de leurs parens, ne devoit pas avoir lieu dans Rome. C'étoit dans la chapelle à demi-ruinée du chàlcau r-ilué près de la cabane deThadée, que les deux jumeaux devoierit è!re unis aux deux enfans de la comlesse Caroline.
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Ils dévoient recevoir le gage de leur fe'licité suprême , au milieu de celte forêt qui avoil servi d'asile à leur enfance.
Le jour convenu , les trois familles , Germain, sa sœur, Valti , Pauline et Michel partirent pour celte forêt que les jumeaux alloient revoir avec tant de plaisir. Quelle joie leur présence inspira dans la cabane de Thadée î Avec quel transport Madeleine embrassa Jean et sa Marguerite !
Bientôt on se rendit au vieux château.
On y trouva reunis plusieurs amis de ceux qui alloient recevoir la main de leurs amantes. Les cours, les galeries, les apparlemens , la chapelle cloient ornés de guirlandes de fleurs et de verdure. Les tombes avoienl été restaurées, et tous les vieux trophées du château les couronnoient en nobles et respectables pyramides. Une grande quantité de flambeaux brùloient autour du sanctuaire , le pavé étoit jonché de roses; Charles, Léon,
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Germain et Michel s'avancèrent près des marches de Taulel, conduisant Aiphoasine, Adélaïde, Pauline elGharlolle, dont les beaux cheveux flotloient autour d'une couronne de fleurs d'oranger ; Madeleine, placée entre Alphonsine et Léon, donnant la main à l'un et à l'autre, paroissoil , dans un ravissement céleste, présenter ses jumeaux à la divinité. Le comte et la comtesse d'Ellival croyoient voir renaître le moment fortuné où , dans l'ermitage de Hjères, le ciel avoit reçu leurs sermens. Bladame d'Amancc, la princesse, Duîac, Lisberg , éprouvoient le plus doux saisissement. Valli, ses amis, Thadée, Anna, Victor jouissoient délicieusement de leur ouvrage. Le prêtre paroît revêtu des ornemens sacrés. Une musique suave et religieuse se fait entendre. Des voix mélodieuses chantent les louanges de Dieu , et le bonheur que tant de cœurs lui demandent pour les jeunes époux. Amédée et Aurore couvrent de fleurs ces époux
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si heureux; et, se plaçant un momeril sur les marches de l'autel, Améde'e leur parle au nom des Florenlino et des Volenla , dont les vertus, les grands laîcns et k';':. liauts faits ont laissé de ^^lorieux souvenirs , et dont la cendre , qui repose sous les monumens de la chapelle , semble se rauimer h la voix de leurs jeunes descendaas. Il invoque le Très-Haut , au nom de ces ombres illustres , dont la béne'dictiou semble descendre sur ceux qui vont prononcer le serj^ient d'être lou'ours bons et de s'aimer toujours. L'attendrissement de tous les assislans est extrême. Le pasteur commence l'auguste cérémonie ; il prépare le plus saint des sacrifices, au milieu des nuages d'encens qui s'élèvent avec le parfum des fleurs les plus odoriférantes, ii s'approche de ceux dont il va consacrer l'union fortunée ; il leur demande s'ils veulent cette union sainte; ils s'empressent de réclamer de leurs parens un consentement que ces derniers leur
donnent , en re'paudant les larmes de la joie la plus pure; Gervais et Charlolle le reçoivent du comte d'Ellival et de Caroline; les jumeaux ne peuvent le demander qu'aux tombes de leurs ancêtres. Une musique céleste leur répond. On croiroit entendre les voix de leurs aïeux. Un pain, semblable à celui que Lëon et Alphonsine , pendant leur enfance, ont trouvé dans la chapelle , et qui a sauvé leur vie , est apporté avec pompe. Les jumeaux le présentent en offrande, et on le dépose sur l'autel. Le prèlre bénit les anneaux, heureux symbolesde ladurée delà félicité conjugale. 11 prononce les paroles sacrées. Les rites nuptiaux sont accomplis; les quatre mariages sont consacrés, et, pendant que le vénérable ecclésiastique achève la messe solennelle, le choeur fait retentir les chants de la reconnoissance.
Quelle joie , quels transports , quel intérêt, quelle tendresse sont exprimés, lorsque 1j cJrémonic est finie, et qu'on
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est sorti de la chapelle ! On se presse de revenir à Rome où les senlimens les plus vifs donnent un charme inexprimable aux fêtes brillantes qui se succèdeal pendant plusieurs jours.
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