CHAPITRE XLVI
Vjependant , au milieu de tant de bonheur, la comtesse Caroline ne pouvoit résister à une secrète mélancolie. Sa santé s'afïbiblissoit, sans qu'on pût deviner la cause de ce dérangement que sa bonté l'engageoit à cacher le plus possible, pour ne pas troubler , par la plus légère in-» quiétude , les jours heureux de ceux qui l'entouroient. Mais le comte d'Eilival l'aimoit trop pour ne pas remarquer les progrès conslans , quoique peu sensibles, d'un changement qui i'intéressoit plus que sa \ ie.
La comtesse Caroline eut envie d'aller passer quelque temps à Hyères. Elle imaginoit qu'un séjour de quelques mois,
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dans un pays qui lui éloil si cher, cl ou elle a^ oit élé si heureuse, dissiperoil la Irislesse à laquelle sou âme avoit tant de peine à rësibler. Le comte s'empressa d'adopter ce projet , et il fut résolu , avec leurs amis, que M. d'Ellival et Caroline partiroient incessamment pour la Provence, avec madame d'Amance, le baron de Lisberg , Dulac, Charles, Alphonsine, Léon et Adélaïde. Gervais , Pauline , Charlotte et Michel dévoient les suivre ; et la princesse de Sanlangélo, ainsi qu'Aurore et Amédée,auroient élé trop affligés de leur absence, pour ne pas les accompagner.
Les trois familles, avant leur départ, forcèrent Yalti , ses amis, Madeleine et 5^ fainiiie, à v2i"r£'p''^r de nouveaux bienfaits, et leur inspirèrent une bien plus grande reconnoissance encore , en leur annonçant qu'ilsseroient bientôt de retour à Rome.
La veuve du comle Antoine vit parlir.
ET AirilONSlNE DE FLORENTINO. l3l
avec bien du regret, les familles d'EHi\ al, de Florenlino et de Sanlaiigelo. Elle désira d'avoir auprès d'elle Conslaiice; elle lui inspira les meilleurs principes, fortifia ses bonnes qualile's, la rendit aussi estimable qu'elle étoit belle , et lorsque , quelques années après, le comte Rodolphe , dont on ignoroit ou dont on avoit oublié les coupables excès , revint de ses voyages , bien différent de ce qu'il avoit été pendant sa première jeunesse , la comtesse Antoine crut pouvoit lui confier le bonheur de Constance , et lui fît obtenir la main de celle orpheline devenue bien intéressante, et à laquelle elle avoit résolu de laisser sa fortune.
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