CHAPITRE VIII
/EPKNDANT, les jumeaux sulvoient la route qu'ils avoient déjà parcourue deux fois. Us s'enlretenoient de la dame Blanche ; ils désiroient de la revoir bientôt ; ils espéroient lui amener leur mère.
Us avoient déjà dépasse le buisson de la vieille femme , et ils n'étoient plus qu'à une petite dislance de la cabane. Mais la nuitapprochoit : ils coloyoienlune chaîne de rochers escarpés, lorsque, du fond d'un précipice, une voix plaintive parvient jusqu'à eux. Un vieillard, qui avoil fait un faux pas , qui n'a voit pu se retenir , et qui avoit roulé jusqu'au pied des roches, imploroille secours de ceux dont il entendoit les pas. Jean et Marguerite ont bientôt trouvé le mojen. de parvenir^ par
ET ALPHONSIIN'E DE FLORENTINO. 6l
quelques légers détours , jusqu'au fond du précipice. Le vieillard e'ioit blessé à la tête; les jumeaux vont chercher de l'eau dans une raarre voisine , lavent la blessure, élancheut le sang, déchirent leurs mouchoirs , bandent la plaie , relèvent doucement le vieillard, le soutiennent et le dirigent vers la cabane de Thadée où leurs parens s'empresseront de lui donner de nouveaux secours.
Quelques heures auparavant , Valli e'ioif arrivé à la cabane; et, impatient de revoir les jumeaux qui lui étoient plus chers que sa vie, il va les chercher dans le bois, he hasard lui fait prendre le sentier par lequel ils revienueni, soutenant de toutes leurs forces un vieillard dont la tête est entourée de linges ensanglantés, l'aidant à marcher, le portant, pour ainsi dire , autant que leur âge peut le leur permettre , et ne pendant qu'à lui éviter le plus de peine et de douleur qu'ils peuvent lui épargner. Valli les regarde tout ému.
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admire leur bon cœur , courl les aider dans leurs soius pieux, et, chargé avec eux de ce fardeau sacré , rentre dans la cabane où le vieillard reçoit de Thumanilé de Thadée, d'Anna, de Victor et de Madeleine ^ tous les soulagemens qu'ils peuvent lui donner.
Lorsque les jumeaux sont tranquilles sur la blessure du vieillard , ils s'empressent d'exprimer à Valli , avec leur naïveté et leur grâce ordinaire , tout le plaisir qu'ils ont à le revoir. Valli ne sait comment concilier celle sorte de respect qu'il porte au sang de ses bienfaiteurs , avec la crainte de trahir leur secret , et le désir si "vif de leur témoigner tout ce qu'il sent pour eux.
Madeleine les joint et leur dit que le "vieillard continue de dormir du sommeil le plus tranquille. Jean leur raconte alors tout ce qui est arrivé à sa sœur et à lui dans le vieux château. Il leur parle de la dameBiaoche; il leur rapporte tout ce
qu'elle leur a dit , toutes les caresses qu'elle leura faites ; il leur montre les fruits qu'elle leur a donnés ; il n'oublie pas le désir qu'elle a témoigné de les revoir et de voir leur mère. Madeleine regarde Valu que sa tendre sollicitude pour les jumeaux fait d'abord hésiter ^ mais qui ensuite , par un pressentiment qu'il croit heureux, ne désapprouve pas que les jumeaux retournent aux ruines, qu'ils y conduisent leur bonne mère; il demande seulement de les y accompagner, et cet arrangement ne convient pas moins a Madeleine qu'à ses enfaos.
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