‹ Charles d'Ellival et Alphonsine de FlorentinoChapitre 20 sur 24 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Vjependant la fia du jour approchoil.

Jean et Marguerite sont obliges de quitter les ruines, et de repartir pour la cabane de Thadée. Ils se séparent avec bien de la peine de leurs bienfaiteurs, qui les accompagnent jusques h une certaine distance du vieux château ; mais ils craignent d'inquicter leur mère.

Amédëe va reprendre la roule de son ermitage. Dès le lendemain , il ira chez le pasteur le plus voisin de son asile, et auquel depuis long-temps il a confié tous ses chagrins ; il lui apprendra le bonheur qu il vient d'avoir de retrouver Aurore , et il arrangera tout a^ec lui pour qu'une union sainte couronne ses vœux le plus toi possible, et qu'après a\oir été

l64 CHARLES d'eLLIVAL

le plus des malheureux des amans, il soit le plus fortuné des e'poux.

Celle union sera secrète; tant déraisons lui font désirer, ainsi qu'à sa future compagne, qu'on ne cesse pas de croire Amédée et Aurore morts depuis long-lemps ; ils seront toujours Ambroise et Lucie , ils auront été mariés sous ces noms supposés , et ils iront dans un village peu fréquenté , éloigné des ruines et de l'ermitage, goûter dans une chaumière, après tant d'orages , toutes les douceurs du calme , de la paix , et de la tendresse la plus constante et la plus pure. Leur intérêt pour les jumeaux qui leur sont si chers , ne pourra que s'accroître ; de temps en temps ils les verront , ils veilleront sur eux , ils chercheront , avec une persévérante sollicitude , à écarter tous les dangers qui pourroientles menacer; ils seront et leur père el leur mère , et peut-être un jour ces jeunes enfans leur devront-ils le bonheur de leur vie.

IT ALPIIONSINE DE FLORENTIXO. l65

Aurore écoute avec ravissement tout ce qu'Amédée lui propose. Comment ses projets pourroient - ils être différens des siens ? Eile le suit des yeux , le long de la montagne , et , pour la première fois, va se retrouver dans sa retraite avec des souvenirs bien doux et des espérances biea plus douces encore.

Le jour convenu avec le curé voisin de l'ermitage, Amédée et Aurore arrivèrent, à l'entrée de la nuit , dans la maison presque isolée de ce vieux et excellentpasteur. Ils avoient quitté leurs vêtemens ordinaires ; des habits propres , mais trèssimples , avoient remplacé la robe grise deTermile et la robe blanche de la grande dame. Les actes avoient été dressés sous les noms de Lucie et d'Ambroise ; mais toutes les précautions avoient été prises pour que leur identité fut facilement reconnue avec Amédée et Aurore de Volenta. I/évéque , chez lequel le curé éloit allé; et que l'on avoil mis seul dans le

iGG CHARLES d'eLLIVAL

secret , avolt donne loules les dispenses. Minnil sonna ; Aurore et Amedee suiviretit le cure à Tci^lise. La cloche de la paroisse n'annonça point la messe ; les portes restèrent fermées ; deux serviteurs du cure furent seuls introduits pour servir de témoins. Deux cierges ëclairoient Tautel ; le temple etoit dans l'ombre; aucun parfum ne fut brûlé; aucune fleur, aucun ornement ne paroient le sanctuaire; mais k bonheur descendoil duciel sur Lucie et sur Ambroise, à la voix du prêtre qui, unissant leurs mains , prononçoit les paroles sacrées, et, répétant sur leurs fronts inclinés le signe du saîut, les bénissoit au nom du Dieu qui récompense et les vertus et le malheîai>J[5'auguste sacrifice termina la louchante cérémonie , et Ambroise et Lucie, au comble de leurs vœux, partirent, en sortant de l'église, pour Je village où ils dévoient fixer leur séjour.

ET ALPIIONSINE DE FLOnENTINO. 167

%VV\AA(VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVvVvVVVVVVVVVJV%VVVVVVVVVVVVV'VWWVVVVV\VWVW/

Page 1