SECONDE LETTRE
De la même à la me me.
Madame la marquise ,
a Quel éve'nemeul! Je ne sais comment (( ranuoncer à madame la marquise. Je « suis allée à la maison située du cùlé du (c cliemia de VelleUi. Je voulois savoir, a par moi-même, quel soin on avoit des H deux jumeaux. J'avois pris toutes les « précautions nécessaires pour ne rien « faire découvrir relativement à ces en- <( fans; j'élois seule et à pied. De quel « coup n'ai-je pas été frappée en arrivant ! « Le mari et la femme éloienl tremblans u et consternés.
« Pendant la nuit précédente , quatre « hommes , déguisés et armés , étoient <( entrés dans la maison , avoient menacé
« le mari et la fçmnie de les tuer, s'ils
ET ALPIÎOXSINE DF, FI.ORENTINO. I I
« jeloienl im cri et faisoient la moindre (f résistance, s'eloient empare's des ju- « meaux , et étoieiil parus. Trois de ces « hommes eloicnt resles dans la maison , « une heure après le départ des en fans , « pour empêcher les habilans de celle « chaumière d'aller chercher du secours, K et s'ctoienl ensuile relires par differens « chemins , et avec la plus grande vitesse. « J'ai interrogé le mari et la femme, de (( manière à n'avoir aucun doute sur leur « véracité. Us ont voulu me rendre l'ar- « gent que je leur avois donné , je leur ai (( dit de le garder; j'ai déploré avec eux f( la destinée de ces innocentes victimes « et de leurs malheureux parens, et je suis « revenue à Florentino , cherchant ce qui (( pouvoit être le plus ulile au service de « madame la marquise , et n'imaginant « rien de mieux que de lui demander ses <^ ordres.
ï-2 CHAULES d'elLIVAL