‹ Charles d'Ellival et Alphonsine de FlorentinoChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

JuES jumeaux alloienl presque tous les jours chez le père Ambroise , dont l'affection pour eux ne cessoil de s'accroître. Leurs progrès l'étonnoieut et l'enchantoient; toutes les qualile's qui se dëveloppoient dans leurs âmes aimantes, le touchoient profondément; et la manière dont ils répondoient à ses soins, e'toit pour lui une consolation bien douce, au milieu de ses peines secrètes et de ses tristes souvenirs.

Un soir Jean et Marguerite revenoient un peu tard de l'ermitage ; Fidèle n'ètoit point avec eux , la chèvre seule les avoit accompagnés ; Jean avoit sa hache qu'il airaoit à porter, mais Marguerite n'avoit pas la sienne. Un loup aft'amé sortit tout

d'un coup d'un hallier voisin du sentier, et voulut se jeter sur la chèvre qui s'clança et lui échappa un moment , mais qu'il alloit enlever , lorsque Marguerite , sans penser qu'elle ëtoit sans armes, se précipita entre le loup et sa chèvre chérie. L'animal furieux veut saisir Marguerite; Jean, plus rapide que l'éclair, s'avance, frappe le loup de sa hache, lui ouvre le crâne , et l'étend à ses pieds. 11 se retourne triomphant et radieux , voit sa sœur pâle et tremblante pour lui , près de se trouver mal et de tomber par terre ; à son tour il pâlit et tremble, il la serre dans ses bras, ils se rassurent l'un l'autre, et finissent par se témoigner une reconnoissance bien douce, par s'embrasser, par rire et par caresser la pauvre chèvre, qui, sans eux, auroil été dévorée.

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