‹ Charles Darwin et ses précurseurs français: étude sur le transformismeChapitre 19 sur 30 · LE MILIEU, L* HOMME ET LA NATURE · texte numérisé non relu

LE MILIEU, L* HOMME ET LA NATURE

parition de races de chiens présentant des caractères analogues à ceux que nous venons de décrire chez le gnato et Tancon. A plus forte raison, peut-on les invoquer avec confiance, quand il faut rendre compte de cas beaucoup plus simples, quand il s'agit de chercher comment ont pu se produire des formes bien moins anormales.

Darwin reconnaît, du reste, ce mode de formation des races reproduisant un caractère apparu subitement ; séulement il n*en tire pas la conclusion que je viens de formuler et qu il me semble difficile de combattre . Il lui échappe pourtant une réflexion qu'il serait aisé de prendre pour un aveu. « Si, dit-il, les races ancon et mauchamp avaient » apparu il y a un ou deux siècles, nous n'aurions aucun » document sur leur origine, et les mauchamps surtout » eussent sans aucun doute été regardés par plus d'un » naturaliste comme la descendance de quelque forme pri- » mitive inconnue, ou au moins comme le produit d'un » croisement avec cette forme (1) . »

Cette conclusion eût été en effet inévitable pour quiconque méconnaît plus ou moins la distinction deThybridation et du métissage et se laisse guider par la morphologie. A ce titre, Darwin lui-même l'aurait probablement adoptée. Mais le physiologiste l'aurait repoussée; car le croisement du mauchamp, de l'ancon, avec les autres mou-

(i) De la variation des animaux et des plantes, 1. 1, chap. m.

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