AXOLOTLS. ET AMBLY8T0MES* — CONCLUSION
En réalité, le transformisme n'a mérité d'être considéré comme une doctrine que grâce aux hommes qui ont pris la transformation lente pour base de leurs conceptions. Chez eux seulement, nous trouvons un corps d'idées coordonnées, embrassant l'ensemble des phénomènes, et s' efforçant d'en rendre compte par l'application logique de principes fondés eux-mêmes sur l'observation.
Les naturalistes qui, pour expliquer l'origine des espèces éteintes ou vivantes, ont eu recours à l'hypothèse d'une transformation brusque, ceux qui admettent le passage immédiat d'une espèce ou d'un type à l'autre, ne présentent rien de pareil. Ils se bornent assez souvent à indiquer d'une manière générale la possibilité que les choses se soient passées ainsi. Tout au plus invoquent-ils à l'appui de leur manière de voir quelques analogies empruntées d'ordinaire
ihO DISCUSSION DES DOCTRINES TRANSFORMISTES.
à l'histoire du développement individuel. La plupart ne nous disent rien de la cause prochaine qui produit la transmutation, et jamais leurs explications sur ce sujet ne vont au delà de l'accident.
Geoffroy Saint-Hilaire lui-même, dans le mémoire consacré à l'exposition doctrinale de ses idées, est très-explicite sur ce point (1). Après avoir montré par des exemples comment le milieu peut riiodifier les caractères morphologiques et physiologiques, il prend, comme nous l'avons déjà dit, pour exemple la transformation d'un reptile, et ajoute : « Ce n'est évidemment point par un changement insensible » que les types inférieurs des vertébrés ovipares ont donné » le degré supérieur d'organisation ou le groupe des oiseaux. > Il a suffi d'un accident possible et peu considérable dans » sa production originelle, mais d'une importance incalcu- » lable quant à ses effets (accident survenu à l'un des rep- )) tiles qu'il ne m'appartient point d'essayer même de carac- » tériser), pour développer en toutes les parties du corps » les conditions du type ornithologique. » La manière dont Owen comprend la dérivation s' effectuant en vertu d'une tendance naturelle et innée des êtres à dévier du type primitif, indépendamment de toute action extérieure, n'a évi-
(1) Sur le degré d*influence du monde ambiant pour modifier les formes animales {Mémoires de V Académie des sciences, t. XII). Ce mémoire est le quatrième rédigé par Geoffroy à roccasion de ses recherches sur les reptiles fossiles du calcaire de Gaen.