‹ Charles DarwinChapitre 36 sur 90 · DERNIÈRES ANNÉES · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES

Nous avons dît plus haut que les dernières épreuves de YOrigine des Espèces furent corrigées à Ilkley, où Darwin était allé faire une cure d'hydrothérapie. Il rentre à Down peu après, au moment où le livre est publié. En même temps qu'il correspond avec ses amis, se tenant au courant de l'accueil fait à son œuvre, il s'occupe des traductions qu'on lui propose de faire, en français et en allemand. La traduction allemande ne lui plaît qu'à moitié, Bronn, l'auteur de celle-ci, ayant pris la liberté d'omettre les passages qui ne lui conviennent pas et d'ajouter ses réflexions personnelles. Singulier traducteur I

Ces affaires secondaires expédiées, Darwin se remet à Tœuvre, pour continuer son grand travail, celui auquel il s'occupait quand les circonstances l'obligèrent à écrire YOrigine des Espèces; mais il le continue sous une forme modifiée : il se décide à prendre successivement divers points qu'il déve-

loppe avec détails, et publiera sous forme de livres isolés. Le 1®' janvier 1860 il commence son travail sur les Variations des animaux et des plantes à Véiat domestique y œuvre dans laquelle il note Tabondance des variations légères que présentent ces êtres, et montre le parti qu'en a tiré la sélection artificielle, consciente ou inconsciente, exercée par l'homme, pour la production de variétés nouvelles. Le livre ne voit le jour qu'en 1868. Entre temps, Darwin a reçu la médaille Gopley, la plus haute des récompenses dont dispose la Société Royale. « C'est un grand honneur, écrit-il à ce propos; mais, à part plusieurs lettres affectueuses, ces choses m'importent peu : cela montre, toutefois, que la sélection naturelle fait quelques progrès dans ce pays, et ceci me fait plaisir. » Il est à noter que la Société Royale récompensait en Darwin, non l'auteur de V Origine des Espècesy mais l'écrivain des Récifs de Corail, du Voyage d'un Naturaliste, de l'ouvrage sur les cirripèdes, etc. Cette réserve est strictement indiquée par le discours qui accompagna la remise de la médaille, et elle indique que, si les idées de Darwin étaient acceptées d'une petite élite, elles étaient encore en suspicion auprès de la foule des savants. C'est vers cette époque qu'il fait la connaissance de F. Millier, savant pour lequel il professe la plus haute estime; de V. Carus, qui sera désormais son traducteur attitré pour la langue allemande; de

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