‹ Charles DarwinChapitre 44 sur 90 · RECHERCHES GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

RECHERCHES GÉOLOGIQUES

diverses îles volcaniques et à T Amérique du Sud. Sans avoir Timportance et la portée de ses travaux en botanique et surtout en zoologie philosophique, son œuvre géologique présente un grand intérêt. La méthode en est excellente, et l'application pénétrante. Nous ne saurions analyser en détail l'immense ensemble d'observations personnelles sur lesquelles reposent les conclusions tirées par l'illustre naturaliste, mais on peut indiquer sommairement ces conclusions. De ses observations sur les îles volcaniques il est amené à s'élever contre la théorie des cratères d'élévation, et il note, au cours de ses recherches sur ce point, nombre de faits intéressants concernant l'action des forces souterraines (éruptions volcaniques, tre^nblements de terre, etc.). Il a été l'un des premiers à signaler l'immensité de l'œuvre de dénudation à laquelle ont été soumises la plupart des couches géologiques, et a su forcer la science à reconnaître combien a été grand le rôle de l'eau dans la destruction comme dans la création des strates terrestres. De ses recherches sur les côtes de l'Amérique du Sud, il a conclu à un fait géologique de haute importance, à l'élévation, ou émersion, lente, ininterrompue, de l'Amérique du Sud durant les dernières époques géologiques, émersion qui est établie par la présence de coquilles marines à des niveaux supérieurs à celui qu'occupe actuellement la mer. Il a

encore été Tun des premiers à reconnaître en Angleterre les traces, les vestiges — inattaquables d'ailleurs — de Tépoque glaciaire, sous forme de roches striées et moutonnées, de moraines, etc. A ce sujet il est curieux de noter, comme il le dit à propos de son excursion géologique en compagnie de Sedgwick en 1831, « la facilité avec laquelle on peut laisser passer inaperçu un phénomène, quelque frappant qu'il soit, lorsqu'il n'a pas été observé précédemment.... Aucun de nous ne vit les traces des étonnants phénomènes glaciaires visibles autour de nous. Nous ne remarquâmes pas les roches striées, les blocs erratiques, les moraines latérales et terminales. Et pourtant ces phénomènes sont si frappants... qu'une maison incendiée ne révèle pas plus clairement son histoire que ne le fait cette vallée *. » L'observation est profondément juste : rien de plus aisé que de revoir ce qui a été déjà vu, ce que l'on s'attend à voir; rien de plus difficile que de voir pour la première fois ce qui n'a point encore été signalé.

Darwin a toujours conservé un faible pour la géologie, en souvenir sans doute des heures qu'il avait passées, le marteau en main, à courir les rocs, à fouiller les cavernes, à déterrer les fossiles, et des émotions pleines de charme que ses trouvailles

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