‹ Charles DarwinChapitre 46 sur 90 · Vie et Cot^espondancey trad. franc., t. I, p · texte numérisé non relu

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mettre la question à une revision approfondie, et h modifier la théorie de Darwin. Nul ne se prononce encore, et des recherches nouvelles sont nécessaires avant qu'on se décide à le faire; cependant, aux lecteurs curieux de s'instruire de ce débat, je recommanderai de parcourir les quatre ou cinq années du journal anglais Nature; ils y trouveront les arguments pour et contre, exposés par leurs principaux adhérents, M. Murray, un zoologiste distingué, étant radversaire principal de la théorie de Darwin. M. Murray suppose que les attoUs et récifs reposent non sur des régions en voie d'affaissement, mais sur des pics et montagnes en voie d'exhaussement, ce qui est précisément le contraire. En réalité, il est très possible que les deux explications soient bonnes, bien que, pour la plupart des géologues, Tinterprétation de Darwin soit de beaucoup la meilleure. Ce dernier jugeait très philosophiquement la question, en 1884, peu de temps avant sa mort, quand, à propos des idées de M. Murray, il écrivait * : « Si je suis dans Terreur, plus tôt Ton m'assommera et Ton m'annihilera, mieux cela vaudra ».

Non moins intéressante que les Récifs de Corail est l'autre grande œuvre géologique de Darwin, le travail sur la formation de la terre végétale par les vers de terre. C'est un pur chef-d'œuvre, dont tout

i. Vie et Correspondance, t. II, p. 521.

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jeune naturaliste devrait se pénétrer comme tout penseur se doit pénétrer du Discours de la Méthode, C'est en quelque sorte le commentaire appliqué de ce dernier, c'est la preuve de la puissance invincible de la logique et de l'observation, le témoignage, le symbole de la grandeur des résultats que Ton peut obtenir en traitant par la bonne méthode le fait en apparence le plus insignifiant. La Formation de la terre végétale par les vers de terre est la dernière grande œuvre de Darwin : elle date de 1884 — il est mort en 4882 — et porte l'empreinte de son auteur. Lyell avait coutume de dire que les savants devraient mourir à soixante ans, et Darwin l'approuvait, ce que nous ne saurions faire, car jamais vieillesse n'a été plus fertile en belles œuvres que celle de Darwin, et il est rare qu'un savant ait le privilège de disparaître en aussi pleine possession de son talent. Chose singulière, et qui d'ailleurs montre bien le caractère scientifique de Darwin, la dernière œuvre du grand naturaliste se rapporte à Tune des questions qu'il a depuis le plus longtemps commencé à étudier. Ses premières recherches sur les vers de terre datent de 4837, au retour de son voyage autour du monde : à la séance du 4" novembre de la Société Géologique il donna lecture d'un court mémoire sur ce sujet. C'est en 4884 que parut le volume dont nous voulons dire quelques mots. Durant cette longue période de quarante-quatre ans, si bien remplie par

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