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FÉCONDATION DES ORCHIDÉES

contact des organes femelles et les fécondent. Il est même des espèces chez qui les éléments femelles sont projetés comme par un ressort sur l'insecte (Cataselum). Ces adaptations très évidentes, confirmées d'une part par l'observation directe des éléments fécondateurs sur les insectes surpris au moment où ils sortent des fleurs, de l'autre par l'expérimentation qui prouve que les éléments ainsi transportés d'une fleur à une autre assurent la fécondation de celles-ci, amenèrent Darwin à s'occuper d'une question plus générale, celle de la fertilisation croisée, comparée à la fertilisation directe, de ses avantages, et des adaptations présentées par les fleurs en vue de l'une ou de l'autre. Les résultats de son étude sont consignés dans le volume intitulé De la Fécondation directe et croisée. Ce fut une observation accidentelle qui Tamena à s'occuper activement de la matière. Il avait planté deux platesbandes de Linaria vulgaHs, provenant, l'une de la fertilisation croisée, Tautre de la fécondation directe (car, soit à l'état naturel, soit grâce à l'intervention de l'homme, la plupart des fleurs hermaphrodites sont aptes à l'un et l'autre mode de fertilisation), et il s'apei^çut que la plate-bande semée de graines obtenues par fertilisation directe était sensiblement moins vigoureuse que l'autre. Il s'assura de l'exactitude du fait, et se mit alors à l'œuvre d'une façon suivie, vérifiant le phénomène sur des plantes nom-

breuses. A première vue, le simple fait semble étrange : et pourtant, en y réfléchissant, on ne tarde point à se dire qu'en réalité la fertilisation directe n'est point autant désirée par la nature qu'on le croirait, à voir le nombre des fleurs hermaphrodites. En effet, la fertilisation croisée est chose non seulement très généralement possible, elle est quelquefois seule praticable. Tel est le cas pour les fleurs dites dichogames, hermaphrodites chez qui la maturité des produits mâles ne coïncide paâ du tout avec ' celle des éléments femelles, et oii dès lors la fertilisation croisée est seule possible (fertilisation par le pollen d'une autre fleur de même espèce, qui se trouve être à maturité à ce moment). Un autre fait très curieux, c'est que certaines fleurs hermaphrodites ne sont point fécondables directement : le pollen n'agit pas sur les ovaires, alors que celui de la fleur d'une autre plante de même espèce les féconde parfaitement. On peut donc dire que, si la fertilisation directe représentait la disposition la plus favorable, la dichogamie n'existerait pas, et les fleurs hermaphrodites ne seraient point disposées de façon à permettre la prodigieuse perte de pollen qui s'effectue. Et il est à noter que certaines plantes dites cleistogames, disposées pour les deux sortes de fertilisation, présentent des adaptations tout à fait conformes à ce que nous pouvons attendre, si réellement la fertilisation croisée est recherchée par la nature :

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