LE MOUVEMENT CHEZ LES PLANTES
sation des faits renfermés dans le premier, comme le volume sur la Fécondation directe et croisée étend les faits et les doctrines de la Fertilisation des Orchidées. Le volume sur les plantes grimpantes date de 1875, mais le travail parut d'abord sous forme d'un mémoire dans Je Bulletin de la Société Linnéenne de Londres. Dans ce travail, Darwin étudie les différentes et principales formes du mou* vement chez les plantes. Certaines plantes sont volubiles, et chez elles le mouvement appartient à une partie étendue, sans être plus développé en certains points, et sans qu'il y ait d'organes spécialement destinés au mouvement. Chez d'autres il y a des appareils moteurs spéciaux. Considérons d'abord les plantes volubiles. Chacun en connaît des exemples : celui du liseron est familier à chacun. Si l'on étudie une jeune plante volubile, un jeune houblon, on voit que sa partie la plus élevée ne demeure point immobile, mais s'infléchit d'un côté, puis, lentement, décrit, par sa portion infléchie, un cercle complet, revenant au bout d'un temps variable (deux, trois ou quatre heures) à son point de départ. Cette révolution recommence alors, dans le même sens, mais, une fois qu'un certain nombre de révolutions a été opéré (36 environ), le phénomène cesse. C'est cette gyration qui permet l'enroulement des plantes volubiles : le point qui arrive au contact d'un corps étranger, un arbre, un
tuteur, 6st arrêté dans son mouvement, mais la partie qui est au delà continue à l'opérer, et de cette façon entoure l'arbre ou le tuteur. Le sens des révolutions est généralement constant pour une même espèce, mais cela n'est pas toujours le cas : chez les différents pieds d'une même espèce, le sens est parfois différent, et une même plante peut se contourner successivement dans les deux sens. La tendance à se mouvoir ainsi n'existe pas chez toutes les plantes, mais elle est certainement présente chez beaucoup de plantes qui ne sont point volubiles, comme le châtaignier par exemple. A quoi cela est-il dû? Sachs, un éminent botaniste allemand, a montré qu'il reconnaît pour cause une inégalité dans la nutrition ou croissance de la tige. Cette inégalité varie beaucoup selon les plantes, mais pour une même espèce elle est très constante, de sorte que la révolution est remarquablement uniforme. Celle-ci varie entre une heure uh quart et quarante-huit heures. Pour le haricot, elle est de deux heures environ, comme pour le houblon, et nos lecteurs peuvent aisément s'assurer du fait par l'expérience. Un point important à considérer, pour les plantes volubiles, est la longueur de la portion rephée qui se meut, car de cette longueur et de la durée de la gyration dépend pour elle la possibilité ou l'impossibilité de s'enrouler autour de gros troncs. En effet, si la partie mobile est courte et