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LE MOUVEMENT CHEZ LES PLANTES

la gyration rapide, il est impossible à la plante de s'enrouler sur un objet volumineux : tel est le cas pour le haricot. Différentes circonstances exercent une action très sensible sur la révolution. Ainsi, une plante volubile éclairée d'un côté seulement exécute sa révolution en un certain temps : mais le temps employé pour le trajet durant lequel la plante s'éloigne de la lumière est le triple ou le quadruple de celui qu'il faut pour le trajet vers celle-ci. Ceci peut s observer aisément en plaçant une plante volubile de telle sorte que la lumière vienne à elle d'un côté seulement. Chez certaines plantes, toutes les branches sont volubiles; chez d'autres, la motilité est l'apanage de quelques-unes seulement. Il en est qui ne sont volubiles que dans certains moments; il en est encore qui, non volubiles à l'état sauvage et naturel, le deviennent à l'état cultivé.

Les plantes qui forment la seconde catégorie de plantes à motilité très développée sont celles chez qui le mouvement est localisé dans des organes spéciaux, que nous connaissons tous sous le nom de vrilles. Celles de la vigne, de diverses cucurbitacées sont bien connues de tous. Il y a cependant d'autres organes qui ne sont pas de véritables vrilles et qui jouissent de la même propriété. Ce sont les pétioles, doués d'un mouvement révolutif très net, et aussi d'une sensibihté au contact qui fait que la plus légère pression détermine une

flexion qui arrête le mouvement. Quand la pression est fugitive, le pétiole continue à se plier quelque temps, puis il se redresse; si la pression est continue, la flexion se produit, augmente et détermine l'enroulement autour de l'objet étranger. Cette flexion se produit parfois en quelques minutes seulement. Les vrilles sont très curieuses à étudier, et Darwin a fait sur leur mobilité des observations et des expériences très intéressantes. Chez le Bigiionia, les vrilles sont ramifiées à leur extrémité, de façon à présenter l'aspect de la patte et des doigts d'un oiseau : dès qu'une de ces vrilles vient au contact d'un objet, les ramifications sur lesquelles il presse se recourbent sur celui-ci et l'entourent fortement. La partie de la vrille qui supporte les ramifications jouit d'un mouvement de révolution. Un autre Bignonia présente cette particularité que ses vrilles fuient la lumière et que, lorsqu'elles sont entrées en contact avec un corps étranger, elles sécrètent une substance résineuse qui augmente l'adhérence, laquelle devient de la sorte extrêmement puissante. La vigne vierge présente des vrilles dépourvues de mouvement gyratoire, mais se dirigeant vers les parties sombres : elles fuient la lumière, et, en outre, n'ont aucune sensibilité. Elles procèdent, pour se fixer, de la façon suivante. Les extrémités de la vrille, une fois qu'elles ont rencontré une sur&ce quelconque, pressent sur elle, puis se gonflent et

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