MOUVEMENT DES PÉTIOLES ET VRILLES
donnent naissance à de petits disques très adhérents; en même temps, les filaments de la vrille augmentent d'épaisseur et de force. Le Cobœa a des vrilles très longues, à mouvement gyratoire rapide (une heure environ), divisées en de nombreuses ramifications se terminant pai* un petit crochet dur, pointu, qui se fixe très aisément. Les ramifications sont très sensibles, et s'enroulent en quelques minutes. Il est à remarquer que beaucoup de vrilles, une fois qu'elles sont fixées à un objet, au lieu de demeurer droites, se contractent, de façon à former une spirale. Cette contraction tire la tige vers l'objet sur lequel s'est fixée la vrille, ce qui est un avantage. En outre, la forme spirale de celle-ci lui donne une élasticité que la tige et les branches ne possèdent poinl^ et qui est très avantageuse, elle aussi, pour empêcher l'arrachement quand la plante est agitée par le vent ou par un animal; l'élasticité permet de céder un peu, au lieu que, sans elle, il pourrait se produire un arrachement ou une rupture des parties tiraillées. Cette contraction des vrilles fixées s'opère tantôt dans un seul sens, tantôt dans les deux directions alternativement, au lieu qu'une vrille non fixée se contracte dans un seul sens.
La sensibilité des vrilles au contact a été trouvée très considérable par Darwin, pour certaines plantes. Chez une Passiflora^ la vrille s'infléchit pour un poids de un milligramme, et cela en moins d'une demi-
13 i CHARLES DARWIN.
minute. Quand le contact est passager, avons-nous dit, la vrille continue à s'infléchir quelque temps après qu'il a disparu, mais, après cela, elle se déroule. Il est extrêmement curieux de remarquer que le contact d'une goutte d'eau ne détermine pas de flexion, non plus que celui d'une autre vrille, même chez les organes préhensiles si sensibles de la Passi/lora étudiée par Darwin. On se demande comment s'opère la distinction entre le contact avec un corps étranger et celui avec un autre appendice de la même plante. En tous cas, l'utilité de cette distinction saute aux yeux, car une ondée, un léger vent feraient certainement contracter sans profit toutes les vrilles de la plante, et l'empêcheraient ainsi de profiter des contacts avantageux auxquels elle pouvait être soumise durant le coup de vent ou la pluie.
Tous les faits qui précèdent sont certainement très singuliers, et ont été observés avec une patience infinie par le grand naturaliste. Il ne s'en est pas tenu là toutefois, et son étude n'a servi qu'à lui inspirer le désir d'en savoir plus long sur la motilité des plantes : de là, nous l'avons dit, les recherches qu'il a entreprises par la suite, et dont le résultat nous est donné dans le volume sur la Faculté motrice des Plantes.
Cette œuvre est consacrée à l'étude de la motilité en général chez les plantes, et non à une forme particulière de celle-ci, et Darwin considère les mou-