MOUVEMENT DES VRILLES
Yonents présentés par les jeunes plantes, par les cotylédons, les tiges, les racines, les feuilles, dont il examine les phénomènes connus sous le nom de sommeil des feuilles, en se livrant encore à Tétude de l'action de la pesanteur, de la lumière et d'autres circonstances. Les faits qu'il a observés sont très nombreux, et si les conclusions qu'il en tire n'ont pas été encore définitivement adoptées par le monde savant, les phénomènes sur lesquels elles reposent demeurent acquis à la science. On nous permettra toutefois, en raison de son caractère très spécial, de ne pas trop insister sur cette importante œuvre dont nous donnerons cependant une idée. Considérons d'abord un jeune plant de Crucifère, un Brassica oleraeea par exemple, pourvu de ses parties constituantes. La motilité se manifeste de toutes parts. Chez la radicule on constate une inclinaison vers le bas; elle tente de pénétrer dans la terre. Puis son extrémité prend un mouvement de circumnutation, c'est-à-dire qu'elle se meut comme le font les tiges et vrilles dont nous avons parlé plus haut; elle se meut en se dirigeant tour à tour vers tous les points de l'horizon, de façon à décrire des cercles complets : ce mouvement de circumnutation, très net chez la radicule de la plante hors de terre, est certainement affaibli chez la jeune plante dans son milieu naturel, mais il a pour celle-ci un avantage évident, il lui permet de découvrir les points du sol qui
résistent le moins à sa pénétration, et celle-ci y pénètre grâce au point d'appui fourni par le poids de la graine, ou de la terre qui la recouvre. La force des radicules est considérable, dans le sens transversal et longitudinal, et Darwin a pu l'évaluer par le poids que peut supporter une radicule. Dans le sens transversal, on Ta évaluée en voyant quel écartement la radicule fait subir à une pince à ressort, et quelle force il faut appliquer à cette pince pour produire le même écartement : cette force correspond à celle d'un poids de 2 ou 3 kilogrammes. La force verticale est de 100 ou 120 grammes. Ce sont ces deux forces qui permettent à la radicule de pénétrer dans le sol. D'autre part, la partie aérienne de la plante présente, elle aussi, une mobilité très nette. Cette partie vient au jour presque toujours avec une forme arquée, très avantageuse d'ailleurs à la plante, car elle lui donne plus de force pour soulever la terre sus-jacente : cette force correspond à quelques centaines de grammes (300 ou 400). Cette incurvation est le résultat de la circumnutation. Cette dernière est très nette pendant que la plante est encore entièrement sous terre, et continue après que la partie aérienne est sortie de celle-ci. Le mouvement est faible, mais on peut l'apprécier et, le mesurer. Les cotylédons s'agitent aussi, surtout dans le plan vertical, avec une rapidité très variable, comme l'indiquent les expériences de Darwin, d'après qui