‹ Charles DarwinChapitre 73 sur 90 · OEUVRE BOTANIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

OEUVRE BOTANIQUE EN GÉNÉRAL

recherches sont demeurées inachevées. Son fils doit, semble-t-il, les publier quelque jour. D'autres recherches avaient été instituées, ou du moins le furent pendant quelque temps, sur les conditions alimentaires susceptibles de faire varier les végétaux. Enfin, un dernier témoignage de Tintérêt porté par Darwin à la botanique se trouve dans le fait qull a eu l'initiative de la publication d'une nomenclature complète de la botanique présente, et a contribué une somme importante pour aider à cette publication. Cet ouvrage colossal, qui a exigé un travail énorme, paraîtra dans quelques années sous le titre de Nomenclator hotaniciis Darwinimius, en mémoire de son initiateur.

Bien qu'il n'ait pas été botaniste de profession, Darwin a exécuté, dans le domaine de l'histoire naturelle des formes végétales, une œuvre très considérable, dont l'intérêt purement botanique est certainement grand, mais dont l'intérêt général, spéculatif, est plus grand encore. Les conclusions de Darwin sur la fécondité et la stérilité, dans leurs relations avec la fertilisation croisée et la fertilisation directe, ont de l'intérêt pour la question de la reproduction des végétaux, mais elles en ont bien plus pour la question de l'espèce en général, sur laquelle elles jettent une lumière toute spéciale, et qu'elles obligent à envisager d'une façon bien différente de celle où Ton a coutume de le faire. Les faits

relatifs à la motilité des plantes, à la digestion chez les plantes carnivores, à la sorte de sensibilité, et à la transmission des impulsions qui existent chez ces dernières, l'étude des adaptations des fleurs aux insectes et à la fertilisation croisée, tout cela représente une œuvre admirable, dans laquelle dix botanistes de profession eussent pu se tailler une renommée. Et pourtant ces travaux justement admirés n'ont été pour Darwin que des accessoires, des moyens pour arriver à des conclusions autrement importantes que les faits eux*mémes.

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