DESCENDANCE DE L*HOMME
dit-il, que les espèces sont des productions susceptibles de modification, je ne pus m'empêcher de croire
Fifç. 20. — Cràne d'un grand lapin à oreilles pendantes, grandeur naturelle. (D'après Darwin, Variation, t. I, p. 128.) Comparer avec la figure 19.
que rhomme devait obéir à la même loi. Je réunis des notes sur ce sujet, pour ma satisfaction person-
20Ô. CHAtlLfeS DAtiwm.
nelle et sans intention de rien publier pendant Ipngtemps. Bien que, dans Y Origine des Espèces, la dérivation d'aucune espèce particulière ne soit jamais discutée, j'ai pensé que je devais, afin que personne ne m'accusât de cacher mes vues, ajouter que par mon ouvrage « quelque lumière pouvait se « faire sur l'origine de l'homme et sur son histoire ». Il eût été inutile et nuisible au succès du livre de faire parade de ma conviction au sujet de l'origine de l'homme sans en donner des preuves. Mais, lorsque je m'aperças qu'un grand nombre de naturalistes acceptaient sans restriction la doctrine de l'évolution des espèces, il me sembla judicieux de travailler sur les notes que je possédais et de publier un traité spécial sur l'origine de l'homme *. » Les lignes qui précèdent indiquent assez les conditions dans lesquelles la Descendance est née. Dans cette œuvre, Darwin, appliquant à l'homme la théorie qu'il croit valable pour tous les êtres vivants, celle de la descendance d'autres êtres d'où ils proviennent par modification et perfectionnement, entreprend de démontrer que l'homme descend sinon du singe, du. moins d'un être qui se rapproche fort de celui-ci et l'a engendré. Si le singe n'est le père, il est le cousin germain — le parent pauvre, selon l'expression de Huxley — de l'homme. Celte vue est appuyée sur des considéra-