CHAPITRE VIT
La Descendance de l'Homme.
En 1871, près de douze ans après l’Origine des Espèces, Darwin publia la Descendance de l'Homme.
Nous avons déjà vu qu'il aurait volontiers évité plus longtemps de traiter un sujet aussi difficile et aussi dangereux, de façon à ce que sa théorie fut jugée d’après son seul mérite, sans qu'on introduise dans une question purement biologique des sentiments personnels ou théologiques ; mais le courant était trop fort pour y résister, et à la fin il céda. D’un côté, ses adversaires avaient tiré pour leur propre usage, de ses théories, la conclusion que l’homme avait une origine purement animale, et les avaient rendues ridicules en les exposant sous un jour odieux ou absurde. D'un autre côté, des alliés imprudents
LA DESCENDANCE DE L'HOMME, 169 avaient couvert du drapeau évolutioniste leurs spéculations hypothétiques ou extravagantes que Darwin était naturellement désireux de combattre, de corriger, de modifier avec sa méthode plus sobre et plus prudente. Le résultat de tout ceci, ce fut la publication du second grand ouvrage qui complète le système darwiniste,
Depuis la naissance même de l'évolutionisme, on a remarqué que le corollaire de la doctrine de la descendance avec modification, c’est la croyance en l'origine commune de l’homme et des singes anthropoides. Déjà au milieu du siècle dernier, lord Monboddo, un Écossais excentrique, avait émis l’idée dans son fameux livre sur l’origine du langage, que les hommes ne sont que des singes développés. Cette exposition imparfaite d’une grande vérité n'étant en somme fondée sur aucune preuve physique distincte, ne mérite guère d’être classée plus haut que l'évolutionisme enfantin du Telliamed de Maillet qui faisait descendre les oiseaux des poissons volants et l'homme des tritons hypothétiques, Sur ce point comme sur beaucoup d’autres, les premières conceptions vraiment scientifiques sont celles de Buffon, qui hasarda avec une extrême prudence l'idée que l'hommeetles autres animaux vertébrés pouvaient bien avoir une
origine commune, L'univetsel Goethe avait jeté une
vive lueur sur la question à l’époque ou la Terreur régnait en France ; Érasme Darwin avait ouvertement professé cette théorie, sans l'avoir bien profondément étudiée, dans son ouvrage prématuré, la Zoonomie. Dans une note du Temple de la Nature, l'évolutioniste anglais dit plus explicitement : « Quelques-uns ont supposé que les hommes furent autrefois des quadrupèdes..…... Ces philosophes, avec Buffon et Helvétius, semblent croire que l’homme sort d’une famille de singes des bords de la Méditerranée. » Dans le troisième chant de son poème fantastique, il s'étend sur la grande part qu’a la main, avec ses pouces opposés, dans le développement de l'espèce humaine.Lamarck, dans sa Philosophie Zoologique, expose nettement la doctrine qui fait descendre l’homme d'un ancêtre semblable au singe qui a acquis graduellement la faculté de se tenir droit, faculté qui n’est pas encore parfaitement naturelle à la race humaine et qui n’est conservée que grâce à une vigilance constante. L'orang-outang était alors le plus élevé des singes anthropoides connus, et c'est de l'orang-outang par conséquent, que l'imagination de Lyell et d’autres adversaires des doctrines pré-darwinistes, fait dériver l’Adam de Lamarck,
L'introduction du chimpanzé dans les jardins zoologiques européens, donna un nouveau type anthro-
poïde aux observateurs du milieu du siècle; en 1859, Paul du Chaillu, l'explorateur du Gabon, rapporta en Amérique et en Europe les premiers spécimens du véritable gorille qu'aient vu les hommes civilisés. Sans doute l'intérêt général excité par le récit de ses aventures (publié à Londres en 1861), et par le spécimen empaillé de l'énorme anthropoïde africain exposé longtemps dans les galeries du British Museum, et faisant aujourd'hui partie de la collection d'histoire naturelle de South Kensington, contribua pour beaucoup à éveiller la curiosité publique sur la nature de nos rapports avec les animaux inférieurs.Ce n’est pas par une circonstance purement accidentelle, que Huxley a publié sa Place de l'Homme dans la Nature, juste deux ans après que les Explorations et Aventures dans l'Afrique équatoriale de du Chaillu aient rendu lemondeentier familier aveclenometlestraits des singes les plus humains d'aspect, de la famille des anthropoïdes. À partir de ce moment, ce fut le gorille et non plus l’orang-outang dont s'emparèrent les moqueurs et les caricaturistes pour en faire le type imaginaire de nos ancêtres primitifs.
D'un autre côté, en douze ans, on avait fait d’immenses progrès dans toutes les branches de l'anthropologie,et chacun avait préparé les voies à la Descendance de l'Homme. En 1865, Rolle en Allemagne avait .
publié son ouvrage sur l'Homme considéré à la lumière de la théorie darwiniste. Deux ans après, Canestrinien Italie lisait devant la Société des Naturalistes de Modène son intéressant mémoire sur les caractères rudimentaires par rapport à l'origine de l'espèce humaine. En 1868, Büchner donnait ses leçons brutalement matérialistes sur le principe darwiniste; et, en 1869, Barrago lançait droit à la tête des cléricaux de Rome son ouvrage offensif sur l'homme et les singes anthropoïdes. Beaucoup de ces publications étrangères étaient malheureusement entachées de cette intolérance grossière et blämable qui défigure trop souvent la littérature de controverse française et allemande. En Angleterre au contraire, grâce au joug plus doux de notre clergé, la lutte avait été conduite avec plus de decorum et avait donné de meilleurs résultats. Wallace avait prudemment et respectueusement tâté le terrain dans son essai sur l’rigine des Races humaines où il essayait de prouver que l'homme est, avec les singes anthropoïdes, I. codescendant de quelque forme inférieure ancienne et disparue. Les Temps préhistoriques (1865) et l’Origine de la Civilisation (1876) de Lubbock, débrouillèrent le chemin dans une autre direction en démolissant la vieille croyance, fermement défendue par Whately et d'autres, que les sauvages sont des hommes dégradés
et que l’état civilisé est naturel et, si l'on peut s’exprimer ainsi, congénital à l'homme. Tylor avec sa Première histoire de l'humanité (1865), rendit encore un plus éminent service. Colenso, par sa Critique du Pentateuque et du livre de Josué dont la publication commença en 1862, avait déjà sapé les fondations de la cosmogonie mosaïque et, discrédité incidemment l'opinion reçue sur la création directe de la première famille humaine. Le Mariage primitif de M’ Lennan (1865), et les essais d'Herbert Spencer sur l'origine de la religion, bien que traitant de sujets différents, tendaient cependant au même but. Le propre cousin de Darwin, Hensleigh Wedgwood, et Canon Farrar, avaient chacun de leur côté, essayé de prouver que le langage, au lieu d’être un don divin, peut être né, d’une façon purement naturelle, de cris instinctifs et d'imitation de sons extérieurs. Le duc d’Argyil et Max Müller par l'évidente faiblesse deleurs répliques avaient, sans le vouloir, aidé à répandre et à renforcer les opinions qu'ils essayaient de combattre. Bagehot et Flower, Maudsley et Jevons, Vogt et Lindsay, Galton et Brown-Séquard, avaient chacuñ de leur côté fourni des faits et des arguments qu'utilisa à la finle grand architecte pour la construction de son solide et harmonieux édifice. Enfin, en 1868, IHaeckel fit paraître son Histoire de la Création dans laquelle il
discute avec une hardiesse surprenante et peut-être excessive les différentes périodes de la généalogie de l'homme. Ces différents ouvrages qui suivirent de si près le livre de Huxley sur la Place de l'Homme dans la Nature et l’œuvre si concluante de Lyell sur l’Antiquité de l'Homme, forçaient en quelque sorte Darwin à exprimer ses propres opinions raisonnées sur l'origine et le développement des races humaines.
Les preuves de la descendance de l’homme de quelque forme inférieure, réunies et classées par Darwin, sont avant tout de menues preuves déductives dont on peut difficilement faire un résumé. La structure anatomique de l’homme est construite sur le même type ou modèle que celle des autres manmmifères, un os répondant à un os, comme par exemple dans les membres antérieurs, où les parties homologues se sont changées dans le chien en doigts de pied, dans la chauve-souris en soutien des ailes, dans le veau-marin en patte-palmée (nageoire), dans l’homme lui-même en doigts, tout en conservant la mème structure fondamentale. Le cerveau de l'homme ressemble même beaucoup au cerveau des singes supérieurs ; les différences qui le séparent de l'orang ou du gorille sont beaucoup plus légères que les différences qui séparent ces singes des autres singes inférieurs. Huxley à démontré d'une façon irréfutable,
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qu'en se plaçant sur le terrain anatomique seul, l'homme devait être classé parmi l’ordre des primates comme n'étant qu’une des nombreuses formes divergentes que renferme cette vaste famille,
Dans son développementembryologique, l’homme ressemble étroitement aux animaux inférieurs, il est même pendant certaines périodes de son développement à peine distinct du chien, de la chauve-souris, du veau-marin, et surtout du singe. Pendant les premières phases de sa vie, il possède une queue légèrement proéminente ; plus tard, son grand orteil est plus court que les autres doigts de pied, et forme avec le pied un angle faiblement ouvert, comme le pouce ; ensuite les circonvolutions du cerveau atteignent un point de développement où elles sont presque semblabes à celles du babouin adulte. Dans toutes ces différentes phases, l'homme ressemble enfin beaucoup plus au singe que le singe ne ressemble jamais au chat ou à la hyène.
Quelques personnes possèdent parfois exception nellement certains rudiments de muscles. Il y a des hommes qui ont la faculté de faire mouvoir leur péricrâne ou leurs oreilles comme les chiens ou les singes, d’autres peuvent froncer la-peau de leur corps comme le fontles chevaux quand ils sont tourmentés par les mouches, M, Woolner, le sculpteur, fit remar-
quer à Dai win que le bout de l'oreille du singe perce chez l’homme sous la forme d’une petite saillie qui existe sur le bord intérieur du pavillon. La membrane clignotante ou troisième paupière que les oiseaux peuvent abaisser si rapidement sur le globe de l'œil, est assez développée chez l'ornithorynque et le kangurou ainsi que chez quelques autres mammifères supérieurs, chez le morse par exemple; mais chez l’homme comme chez les singes, elle n'existe plus que sous la forme rudimentaire et inutile d'un pli sous la paupière, L'homme diffère des autres primates par son apparence non velue; mais les poils quoique courts et doux, persistent encore dans quelques races, chez les Ainos du Japon par exemple,et forment une robe velue semblable à celle de l'orang ou du gibbon. arfois, une touffe de poils longs et durs sort du duvet doux et court des sourcils, et cette particularité rare chez les individus de la race humaine, est ordinaire chez le chimpanzé et chez plusieurs babouins. Les organes intérieurs offrent de semblables rudiments qui, il faut l'avouer, sont d’un intérêt moins vif pour ceux qui ne sont pas de purs savants. L'étude du squelette fournit encore ses preuves; ainsi chez les singes inférieurs et chez beaucoup d’autres mammifères, un certain nerf passe par une perforation spéciale de l'omoplate, et cette perforation,
LA DESCENDANCE DE L'HOMME. 177 bien que hors d'usage aujourd'hui, reparaîit parfois chez l’homme, auquel cas le nerf en question passe invariablement à travers comme chez les singes inférieurs. Ce qui est encore plus curieux, c’est que cette perforation se trouve plus fréquemment (proportion nellement) dans les squelettes de races anciennes que parmi ceux de notre époque. Il semble que si les anciennes races présentent souvent des structures ressemblant à celles des animaux inférieurs c’est qu’elles sont plus près, dans la série des temps, de leurs ancêtres primitifs semblables à des animaux.
La conclusion à laquelle arrive Darwin après avoir tout examiné, est à peu près celle-ci :
Les premiers ancètres de l’homme ont dû être des animaux se rapprochant plus ou moins du singe, appartenant au grand groupe anthropoïde , et alliés aux ancêtres de l’orang-outang, du chimpanzé et du gorille. Ils devaient être couverts de poils etles deux sexes posséder de la barbe. Leurs oreilles étaient probablement pointues et mobiles, ilsavaientune queue mobile. Leurs pieds avaient un grand orteil dont ils se servaient un peu comme d'un pouce, et qui leur permettait de saisir les branches d'arbres. Leurs habitudes étaient probablement celles d’animaux grimpeurs, mangeurs de fruits par choix, ils devaient habiter quelque chaude contrée couverte de forêts.
Les mâles avaient de longues canines avec lesquelles ils se mordaient en luttant pour la possession des femelles. À une époque plus reculée, les particularités anatomiques internes de ces ancêtres devaient se retrouver à peu près chez les mammifères les plus bas placés dans l'échelle animale, et les veux devaient être munis d'une troisième paupière. En s'enfonçant plus profondément dans l’abîime des âges, Darwin décrit vaguement les ancêtres de l’homme comme des animaux aquatiques vivant dans la boue; car on sait que nos poumons sont des vessies de poisson modifiées, qui ont dû servir à nos ancêtres éloignés à flotter sur l’eau, Les fentes de branchies qui existent au cou de l'embryon humain, marquent sans doute la place où furent jadis les branchies. Notre premier lieu de naissance a dû être un rivage lavé deux fois par jour par les marées. Le cœur eut d’abord la forme d’un simple vaisseau pulsatif, et la co lonne vertébrale celle d'un long cordon spinal non divisé. Ces ancêtres les plus reculés de l'homme obscurément entrevus à travers les âges, doivent en somme, avoir été aussi simplement organisés que le plus humble des vertébrés existants, la lancette semblable à un vers.
C’est de ce point de départ grossier qu'est partie la sélection naturelle et d’autres forces agissant en
même temps, pour former lentement la généalogie de l’homme. Partis de ces formes éloignées de demivertébrés, dont l’image vague nous a été conservée peut-être en partie dans la larve molle et gélatineuse de nos ascidiacés , nous avons dû nous élever lentement jusqu'aux poissons primitifs semblables à la lancette. Puis de ceux-ci sont sortis les ganoïdes. Un pas en avant et de ces poissons nous arrivons aux lézards d’eau et aux autres amphibies. Le platype ornithorhynque nous aide à combler l'intervalle qui sépare les reptiles des premiers mammifères, comme le kangurou et le wombat, bien que sa parenté avec les amphibies soit encore aujourd'hui comme au temps de Darwin, fort problématique. Des marsupiaux comme le kangurou, nous nous élevons graduellement jusqu’au type insectivore représenté par la musaraigne et le hérisson, puis franchissant des degrés intermédiaires bien marqués, jusqu'aux lémurs de Madagascar, animaux qui sont alliés d'un côté aux insectivores de l’autre aux singes; enfin jJusqu'aux singes, « divisés en deux grandes familles, les singes du nouveau monde et ceux de l'ancien; puis de ces derniers, dans une période lointaine, sort l'homme, la merveille et la gloire de l'univers ».
Le mot .ait dit, le secret révélé. On comprend que le monde l’accueillit avec colère. Mais en somme
l'orage que souleva la Descendance de l'Iomme ne fut rien en comparaison du torrent d'injures qui avait assailli l’auteur de l’Origine des Espèces. En douze ans la société s'était doucement accoutumée à l'idée qui jadis leffrayait tant, et accueillait maintenant avec un intérêt comparativement faible l'expression définitive de l'opinion du grand biologue sur la question de l'origine et de la destinée de l’homme luimème. En 1859 on avait crié avec horreur : c'est blessant! En 1871 on murmura avec aménité : Est-ce tout? Mais chacun savait cela déjà!
Néanmoins au point de vue moral et social tout esprit philosophique ne pouvait pas négliger les 1mportantes conséquences de la Descendance de l'Homme pour l’histoire du monde. Quelque vaste que fut la révolution biologique qu’effectua l'Origine des Espèces, elle était peu de chose en comparaison de la révolution plus profonde , et dont l’œuvre devait se continuer longtemps, qu'inaugura le livre qui démontrait l’origine purement animale de l'homme. Ce qui semble étrange à dire, la principale découverte que renferme l'ouvrage n'affecta qu’une seule branche de la pensée; tandis que son corollaire secondaire a déjà influencé et est destiné à influencer profondément dans l'avenir toute la sphère où s'exerce l'éncréie humaine, Non seulement il a détruit notre
conception générale de l'histoire universelle en nous enseignant que l'homme a une origine fort humble et qu'il est lentement sorti de sa première position, mais encore il a révolutionné toutes nos idées sur notre position, sur notre destinée, il a influé sur les sciences du langage et de la médecine, il à fait naître de nouvelles conceptions éthiques et religieuses, et il menace de produire dans l'avenir une révolution dans la théorie et la pratique de l'éducation, de la politique, de la science économique et sociale. Ces conséquences, d’une si grande portée, commencèrent à se faire sentir dès la promulgation du principe darwiniste dans l'Origine des Espèces, mais elles ne gagnèrent une influence prépondérante, ne furent universellement acceptées, que lorsque Darwin leur eut donné une nouvelle autorité par la publication de Ja Descendance de l'Homine.
Cette nouvelle croyance en l'origine animale de l'homme semble encore aujourd'hui à quelques-uns d'entre nous, comme autrefois à Lyell, moins belle, moins noble, moins encourageante que la vieille croyance en une création spéciale et divine de l’homme. [ls trouvent plus agréable et plus consolant de supposer que l'homme est tombé plutôt que de croire qu'il s’est élevé ; la doctrine de la dégradation universelle leur paraît, — cela semble un paradoxe, —
182 CHARLES DARVWIN.
plus remplie de promesses et d'aspirations pour le temps à venir, que la doctrine du progrès universel. L'opinion de Darwin était toute autre : « L'homme, » dit-il, « est excusable d'épreuver quelque orgueil de s'être élevé, quoique non par ses propres efforts, au sommet de l'échelle organique; et puisqu'il s’est élevé jusque-là au lieu d'y avoir été placé originellement, il peut espérer monter plus haut encore, dans un avenir lointain.» Voilà sûrement la manière la plus vraie et la plus noble d'envisager la destinée de l'homme. Il vaut sûrement mieux gravir la montagne que d’y avoir été placé à l'origine et d’en être tombé dès le commencement. C'est sûrement avoir une plus noble conception de la vie, de croire que nous pouvons par nos propres et courageux eflorts élever notre race plus haut dans la hiérarchie illimitée de la nature, que de croire que nous sommes les descendants misérables, irrémédiablement dégénérés d'un ancêtre déchu de sa nature angélique. Il est sûrement bien, pendant que nous nous vantons avec Glaucus d'être plus braves et meilleurs que nos ancêtres, de pouvoir en même temps demander avec Hector que nos fils sont encore plus braves et meilleurs que nous,