‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 129 sur 598 · ENTREVUES ET ARMISTICES · texte numérisé non relu

ENTREVUES ET ARMISTICES

Louis XI toujours soupçonneux, s'adressant à Charolais qui lui répondit : « Monseigneur, oy. * » Plus rassuré dès lors sur l'accueil qui lui était réservé, le roi descendit à terre et continua la conversation, paraît-il, sur un ton amical, voire plaisant. Mais lorsque Tentretien eût pris un caractère politique, la figure du souverain s'assombrit : là, pour la première fois, semble avoir été officiellement présentée la requête du duc de Berry, désireux d'échanger son apanage de Berry pour un autre. Là dessus, Louis XI ne voulait rien entendre et demeura inflexible. On se sépara néanmoins avec une cordialité apparente ; le roi remonta en bateau et rentra à Paris.

Ces tentatives réitérées de rapprochement n'excluaient pas l'état de guerre, mitigé d'ailleurs par des armistices renouvelés. Presque chaque jour des assemblées se réunissaient à Paris, chez le roi, où l'on discutait les projets et les propositions des ligueurs, où l'on avisait aux moyens les plus propres à sortir d'une situation qui paraissait inextricable. Le mémoire présenté par le duc de Berry et soumis à l'examen de ces assemblées ne comprenait pas moins de cent vingt et un feuillets. C'était une longue énumération des desiderata dont ses partisans faisaient leur charte de revendications ; ils voulaient : 1°) que les gens d'église, réguliers et séculiers, fussent maintenus dans leurs franchises et libertés ; 2'') que les nobles conservassent leurs prérogatives et recouvrassent celles qu'ils avaient perdues ; 3°) que l'on fit bonne justice et que l'on activât en ce sens les réformes promises ; 4°) que le roi se chargeât de réprer les dommages causés par la guerre ; 5°) que les ligueurs obtinssent des lettres de sûreté pour eux et pour leur armée ; 6°) que le duc de Berry reçût en partage pour sa part le duché de Guyenne, de Gascogne ou de Normandie ^ .

Quelques-unes de ces demandes étaient formulées d'une ma-

seigneurs de faire mourrir le roy et que le bastard, qui à présent est admirai, en devoit faire l'exécution » (Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms.

2000, fo 346).

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