‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 220 sur 598 · IL REPOUSSE LES OUVERTURES DU ROI · texte numérisé non relu

IL REPOUSSE LES OUVERTURES DU ROI

sont faites, car ceux qui sont rentrés chez eux se sont trouvés en butte à toutes les persécutions. De plus, il a encore présente à la mémoire la façon dont les troupes royales ont occupé les places de Normandie et notamment Rouen, « durant les trêves et seuretez » pendant lesquelles Louis XI avait juré de ne rien entreprendre contre elles; il ne peut donc compter sur la parole de son frère. Il se juge en conséquence mieux placé en Bretagne lorsqu'il s'agira de négocier, tandis qu'hors du royaume il serait tenu à l'écart de tout, et il compte bien être présent pour revendiquer ses droits le jour où il sera possible de conclure des arrangements raisonnables. Le duc était disposé à accepter le Dauphiné, et, lorsqu'il avait répondu affirmativement à cette offre, ce fut le roi qui n'était plus consentant, « combien que l'ouverture eust estéfaictedeparlui etpar son commandement». Aujourd'hui le duc de Normandie s'en tient aux propositions qu'il a lui-même formulées, ou, à défaut, aux décisions que le duc de Bretagne, le comte de Charolais et le duc de Calabre prendront d'un commun accord à son égard. Il termine en protestant de sa fidélité, tout en rejetant sur son frère la responsabilité des échecs successifs qu'ont subis jusqu'ici tous les pourparlers engagés *. L'ambassade du duc de Calabre n'eut donc pas plus de succès que les missions précédentes. L'entêtement de Charles de France, la volonté de François II désireux de conserver aussi longtemps que possible auprès de lui un prince faible en chartre privée, le peu de confiance qu'inspire la parole royale, sont autant d'obstacles à une modification quelconque de la situation. Pendant tout ce temps, la cour de Bretagne continue d'être le foyer d'intrigues permanentes -, et la reprise du duché de Normandie par les confédérés est à l'ordre du jour ^.

Tncntales de la Manche, série B ; Registre plumitif du bailliage de Coutaiices pour l'année 1466, n" 523). — Le 17 avril, Louis XI signe des kttres de pardon en faveur des sujets du duc de Bourbon, sans y comprendre toutefois encore Pierre d'Amboise, Charles d'Amboise et Jean de Daillon, qui avaient été exclus de l'amnistie antérieure à la requête du duc de- Bretagne (Archives nationales, P 13882 , n" 41).

1. Dom Moricc, Preuves, t. III, col. 128 ; — Commines, édition Lenglet- Dufresnoy, t. II, p. 640.

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