‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 221 sur 598 · Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, f' 117 v · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, f' 117 v

3. Déjà le 21 août, la ville de Rouen a envoyé des émissaires vers le roi pour obtenir des nouvelles précises et détaillées sur la situation (Archi-

CHARLES DE f.UYENNK n

Le roi juge alors le moment venu de donner satisfaction; aux plaintes qu'il entend s'élever de tous côtés dans son royaume et qui ont été formulées par les princes ; peut-être trouvera-t-il là un utile dérivatif aux difficultés qui l'assaillent de toutes parts. Conformément à une clause du traité de Conflans, qu'il a tenté d'éluder le plus longtemps qu'il a pu, il nomme une commission de trente-six membres chargés de rechercher les remèdes convenables au bien public de l'Etat, et parmi lesquels on remarque les noms de Dunois, de l'archevêque de Reims, du président Jean Dauvet, de Jean Chevredent, procureur royal en Poitou i, de Louis de La Vernade, chancelier de Bourbonnais, de Jean Simon et de François Halle, avocats au Parlement de Paris -. Cette commission, qui commença ses travaux à Paris, au Palais, le 15 juillet 1466, les termina au mois de septembre à Etampes, ayant dû quitter la capitale en raison de la peste qui y sévissait. En lisant la relation qui nous en fait part -', on est tenté de sourire, de se demander si vraiment cette commission a compris le rôle qu'elle était appelée à jouer ou si le roi, en restreignant ses attributions, n'a pas voulu berner son peuple : en effet, elle a protesté contre un envoi trop considérable d'or français à la

ves communales de Rouen, AA 8). — Un nommé Jean de Ilavas, originaire du pays des Lannes, qui a servi Charles de France et qui se trouva auprès du duc de Nemours à Rodez, informa ce dernier « qu'il avoit entendu que monseigneur Charles assembloit gens pour saillir hors Bretagne et entrer en Normandie » (Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 2000, f» 175 \S>) ; lorsqu'ils se quittèrent, le comte d'Armagnac fit cadeau à Jean de Havas, partant pour la Bretagne, de trente écus renfermés dans une petite bourse de cuir.

1. Celui-là même qui avait été compromis dans la fuite de Charles de France en 1465, lorsque le roi et son frère étaient à Poitiers (ci-dessus p. 57), ancien maire de Poitiers en 1453-1454, et que l'on retrouve encore échevin de cette ville en mai 1472 (Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1897, p* 438, et Beauchet-Filleau, Dictionnaire des familles nobles du Poitou, 2^- édition, t. II, p. 451). — A la commission dont il s'agit ici, les doléances des Poitevins furent portées par les deux échevins Jean Rétj-^ et François Herbert (Idem, p. 432).

2. )^a liste complète des membres a été publiée, d'après un recueil de l'abbé Le Grand, dans l'édition de Commines par Lenglet-Dufresnoj', t. II, p. 519 ; quelques-uns de ces noms ne se retrouvent pas dans la relation dont nous parlons dans la note 1 de la page 201, et qui nous paraît d'une source assez pure pour être sérieusement prise en considération.

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