‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 23 sur 598 · SES PREMIERS MAÎTRES · texte numérisé non relu

SES PREMIERS MAÎTRES

Lallement, marchand demeurant à Bourges, fournit « unggrant Caton que fist maître Guillaume de Pargamo, lequel est escript en beau parchemin de bien bonne lettre, bien et richement historié et enluminé ». Dans ces différents ouvrages, choisis sans doute par Robert Blonde! à son intention, Charles de France allait trouver les premiers éléments de la religion, de la grammaire, de la philosophie et de la morale * .

Pierre de Callemesnil, dans Tintroduction de son traité des Douze périls de l'Enfer - , affirme au roi que « Monseigneur son filz est sur tous autres de son aage en don de nature et de grâce exc-ellemment doté » ^ . On n'y veut point contredire, bien que ce puisse être aussi bien l'expression d'une flatterie naturelle que de la vérité. Toutefois, les livres mis à la dispo. silion de Charles de France, lorsqu'il a neuf ans, permettent de supposer qu'il possède déjà une instruction assez développée ■*. Le chapelain, en même temps, se plaint en termes amers

1. Ces livres sont facilement identifiables. Donat est le grammairien le plus célèbre du moj'cn âge. C'est dans le Doctrinal d'Alexandre de Villedieu que se trouvent les éléments *' pro eruditione puerorum " (nombreuses éditions dans Pellechet, Catalocjuc des incunables des Bibliothèques de France, t. I, n''^ 459-493) ; et dans Caton [Dyonisius Cato] les principes de la morale {Pellecbet, t. Il, n''^ 3405 et suivants). Le volume intitulé Acci- (lens n'est autre chose qu'un bref exposé de la métaphysique d'Aristole, qui débute par ces mots : *' Accidens ; Quod accidens non predicatur", et dont nous connaissons entre autres exemplaires celui qui est conservé à Oxford (Catalogus codicum luanuscriptoriim, pars prima [Collegii Orielensis], n« XXIX, ff. 24-30). Quant au " grant Caton que fist maistre Guillaume de Pargamo ", il faut sans aucun doute, au prix d'une petite rectification de nom, l'identifier avec le Cato moralisatus seii spéculum regiminis cum commcntariis Philippi de Pergamo, dont on connaît des éditions du XV«^ siècle (Pellechet, t. II, n°s 3420 et suivantes* ; le commentateur était bénédictin et j>ricur d'un couvent de Padoue (Quétif-Echard, Scrip tores ordinis Pricdicaioruw.t. l (1719', p. 743).

2. C'est le manuscrit français 448 de la Bibliothèque nationale, daté nu 24 novembre 1485.

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