SUR LES MARCHES DE BRETAGNE
pérées que commande la situation ^ et cherche à négocier. Un de ses agents, Jean TierceHn, muni d'un sauf-conduit, se rend dans le camp adverse, à Champtocé, et déclare au sénéchal de Poitou que « le duc avait si grand vouloir et estoit si bien disposé de servir le roi que mieux ne se pouvoit, et que c'estoit la chose du monde que plus il désiroit, et qu'il savoit certainement que le duc feroit en manière que Monseigneur Charles se desisteroit et departiroit du pays de Normandie ». Dans une seconde entrevue, Tiercelin affirme que le duc « se mettroit si bien en son devoir envers le roi qu'il en seroit bien content », et invite le sénéchal à venir s'entretenir avec le duc à Chàteaubriant. Après avis demandé aux capitaines français, le sénéchal prend le chemin de Châteaubriant, et y trouve François II, Charles de France, Lescun et d'autres seigneurs réunis ; on en vient à parler de l'apanage de Charles, et, pour la première fois, le duc de Bretagne confesse que, «puisque le roi vouloittant avoir la Normandie, il feroit que Monseigneur se contenteroit d'autre chose » '-. C'était un premier pas fait vers la conciliation.
Mais le sénéchal royal n'avait pas qualité pour traiter la question ; il le déclare sans ambages, et offre d'en référer à son maître, proposant un armistice de douze jours que Louis XI, heureux d'obtenir un commencement de satisfaction, s'empresse de ratifier. Au milieu d'août ^, des ouvertures de paix sont entamées, et le duc de Calabre reçoit du roi tous pouvoirs pour aller négocier les préliminaires en son nom. La trêve fut d'autre part acceptée le 21 août par le duc de Bretagne, à Châteaubriant.
1 . Un mandement concernant l'arrière ban est lancé le 7 août, de Rennes (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 6. fo 142) ; les sires de Derval et de La Roche-Bernard prennent la conduite des hommes d'armes ; Jean de Rosnenen, capitaine de Dinan, doit y choisir cent combattants, et de même dans toute la province (Idem, ff. 135 v" et 145) ; Jean de Malestroit est choisi comme capitaine général en l'évêché de Vannes (Idem, f^^ 136 v°); Regnault de Brenehan, capitaine du château et de la ville de Nantes (le Bulletin de la Société archéologique de liantes, t. VI, p. 234, l'indique comme tel à partir de 1471 seulement) s'occupe activement des réparations à y effectuer (Idem, B 6, fo 130 v»).