Dom Morice, Preuves, t. III, col
3. Commines, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. III. p. 9 ; — Lettres de Louis XI, édit. Vaesen, t. III, pp. 268-270.
Après des conférences où Guillaume Chauvin, Antoine de Beauvau et Michel de Parthenay ^ représentaient François II, le traité d'Ancenis (10-12 septembre 1468) régla la situation respective des belligérants. Louis XI pardonna aux Caennais leur infidélité et renonça à poursuivre quiconque pour crimes de lèse-majesté et de trahison ; tous les habitants seront sains et saufs dans leurs personnes et leurs biens ; la ville sera évacuée par les troupes bretonnes et remise à Jean de Calabre, de même qu'Avranches ; les villes de Saint-Lô, de Coutances, de Gavray et de Bayeux suivront, mais resteront à titre de garantie aux confédérés jusqu'à parfait et entier paiement des 60000 livres que Charles de France accepte provisoirement de son frère, payables par quartier, en attendant le règlement définitif de ses droits. L'armée royale abandonnera d'autre part les quelques villes de Bretagne où elle a réussi à prendre pied. Quant à la question de l'apanage, elle sera discutée entre Guillaume Chauvin, chancelier de Bretagne, et le duc de Calabre, auxquels s'adjoindra un tiers arbitre pour les départager en cas de besoin ; un délai d*un an est octroyé pour en décider. Le duc François II a quinze jours pour obtenir le consentement de Charles de France, et s'engage à tout risquer pour s'assurer son adhésion entière-.
La ratification du traité fut signée le 18 septembre ^K Charles de France partira pour Redon, où il résidera provisoirement : Commines assure * qu'il ne fut point trop satisfait, mais qu'il dissimula son mécontentement. Le duc de Bretagne envoie son prévôt des maréchaux lui faire préparer un logis, et invite les habitants à le pourvoir des vivres nécessaires, se chargeant de régler ensuite les dépenses qui seront faites par lui et ses gens ~\
1. Sur ce personnage, voir Lettres de Louis XI, t. II, pp. 216 et 236, et Chastellain, t. V, p. 18. Ce chroniqueur l'appelle « noble chevalier de grand façon ».