Commines, édit. de Mandrot, t. I, p
5. Archives départementales delà Loire-Inférieure, B6, S. 156, 161 vL'(commlssion à maître Jean Blanchet de se transporter à Redon, de s'informer du nombre de chevaux des gens appartenant à la suite du duc de Normandie qui y sont logés, de s'enquérir de la quantité de vivres qui leur sero»t né-
TRAITÉ d'aNCENIS 253
Le malheureux duc de Normandie est de plus en plus prisonnier du duc de Bretagne *.
Sauf en Bourgogne -, la nouvelle de l'accord ainsi conclu
cessaires pendant un mois, de tarifer ces vivres à un taux raisonnable avec l'aide des officiers de justice locaux, et au besoin de contraindre les habitants des paroisses voisines à fournir ces vivres), et 171 v** (commission à maître Jean Blanchet et à Guillaume Pastorel pour le même objet, en renouvelant les mêmes injonctions pour un nouveau délai d'un mois, 31 octobre).
1. Le séjour des officiers et hommes d'armes de la suite de Charles de France en Bretagne devait forcément amener des procès, des rixes et des démêlés entre eux et la population autochtone ; mais rarement la justice et le duc eurent à intervenir. Voici quelques mentions retrouvées. On évoque au conseil ducal, le 3 juin 1468, une décision de la cour de Vannes relative à un débat entre Robinet Legendre, sommelier de panneterie du duc de Normandie, et Marie Macéot, de Vannes, au sujet d'une turquoise (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 6, f° 115). Le 20 septembre suivant, le procureur général du duché est invité à enquêter sur des injures «t vilenies proférées par des Bretons à l'égard des gens du duc de Normandie et du duc lui-même (Idem, f<^ 153 v°). Vers la même date, à la requête de Claude et d'Antoine de Montfaucon, serviteurs du duc de Normandie, les sénéchaux, aloués et procureurs de Rennes et de Dinan font une information au sujet d'excès commis à l'endroit des dits serviteurs au bourg de Saint-Carné (Idem, f** 160), L'autorité locale intervient, le 21 septembre 1468, pour faire restituer à l'aumônier de Charles de France, messire Benoit Richart, une somme de 25 livres qui restait lui être due (Idem, f** 160 V"). — Dans un autre cas, le conseil ducal est appelé à s'occuper d'une affaire où les deux parties sont étrangères à la Bretagne : Jean Alexandre, valet de chambre du duc de Normandie, est autorisé à faire arrêter, par tels officiers ou sergents qu'il pourra, une caravelle sur laquelle il prétend avoir des droits, et qui a été construite par Geoffroy Havart en Normandie ; Jacques Boscher, seigneur du Heautre près de Honfleur, panetier de Charles de France, Robinet Buynet, écuyer de cuisine, et Robinet I^sueur, sommelier du même prince, se portent garants pour lui (Idem, f° 105). — Notons encore un mandement de François II à Vincent Landelle, receveur de Sucinio, du 20 juillet 1467, de tenir quittes Louis Sorbier, écuyer d'écurie de Charles de France, et sa femme, d'une somme de 70 livres 5 sous qu'ils doivent à ce receveur pour différentes fournitures de blé, vin et autres marchandises qu'ils ont reçues de lui (( pour soutenir partie de leur estât » (Idem, B 5, f" 102 v").
2. Un agent de Jacques d'Armagnac, Maraudon, qui était allé trouver le duc de Bourgogne à Hesdin de la part de son maître, s'embarqua au Crotoy pour la Bretagne et s'en vint à Nantes, où il s'acquitta de la mission dont Charles le Téméraire l'avait chargé pour François II, dans l'espoir que celui-ci ferait transporter Charles de France en Flandre « à petit nombre de navires et d'amblée ». Mais sa venue coïncida précisément avec le rapprochement du duc de Normandie et du roi et avec la signature du traité d'Ancenis ; la proposition n'eut pas d'autre suite. (B. de Mandrot, Jacques d'Armagnac duc de Nemours, dans la Revue historique, XLIII, 1890, p. 274.)
entre les belligérants fut très favorablement accueillie ^ Les Normands surtout en apprécièrent les avantages, et les Rouennais se rendirent à la cathédrale pour entendre un évéque y célébrer ce mémorable événement -.
Conformément aux décisions prises, on annonça bientôt la nouvelle, arrivée à Louis XI le 7 octobre 3, de l'évacuation de la ville et du château de Caen, qui fut réalisée le jour de la Saint-Michel (29 septembre). Quant à la question de l'apanage, elle fut provisoirement réglée par Charles le Téméraire, momentanément victorieux en Picardie, qui, par un des quarante-deux articles du traité de Péronne (9 octobre), décida le roi de France à céder à son frère la Champagne et la Brie en échange de la Normandie *. Commines ^, témoin des préliminaires de ce traité, relate les phases par lesquelles Louis XI passa successivement et les différentes dispositions d'esprit qui animaient alors les personnes de son entourage admises au conseil où la question fut agitée : les unes préconisaient un coup de force, d'autres proposaient de faire venir de Bretagne le duc de Normandie lui-même *^, avec qui il eût été facile de s'entendre et d'obtenir une paix avantageuse ; un messager était déjà prêt à partir, bride abattue, pour l'aller chercher, mais on renonça à ce projet.
t. Néanmoins les précautions continuent d'être prises sur les frontières de Bretagne ; le 18 septembre, Jacques du Pé est chargé d'assurer le logement des gens d'armes de la compagnie de Lescun à Clisson et ailleurs jusqu'à nouvel ordre (Archives départementales de la Loire- Inférieure, B 6, fo 152) ; des travaux de défense sont exécutés dans cette place par les maçons Colas Maunoir, Alain Gaborit et Mathelin Gérard (Idem, fî. 185 ye et 187) ; des impôts sont établis à Fougères et à Rennes sur la vente du vin et du drap au détail pour contribuer aux réparations des fortifications (Idem, ff. 157 v° et 175 v») ; le 22 octobre, deux capitaines se transportent à La Guerche et à Saint-Aubin-du-Cormier pour trouver à loger les gens d'armes de la compagnie de Lescun arrivés de Normandie, et continueront leurs opérations, s'il est nécessaire, dans l'évêché de Rennes (Idem, fF. 167 vo et 171 vo).