PRIVILÈGES DU PAYS DE BIGORRE
trefaisant volontairement son nom, et qu'il était originaire du pays de Béarn ainsi que tous les compagnons, une dizaine, chargés de la garde du château. Aux habitants de Montoussé on signifia l'état de rébellion dans lequel se trouvait volontairement Mourton, et défense leur fut faite, sous peine d'être déclarés désobéissants au roi, de venir en aide audit Mourton en quelque manière que ce fût, de lui fournir des vivres, de lui payer des revenus quelconques et de percevoir pour lui des droits de péage comme autrefois.
Le mardi 31 octobre, on vit arriver Robert de Balsac et sa suite à Tarbes. Le sénéchal fit convoquer devant lui maître Bonhomme de Morenx, procureur-syndic des trois Etats du pays de Bigorre, ainsi que le procureur du comte de Foix en Bigorre et les consuls de la ville de Tarbes, pour le surlendemain. Le procureur du comte de Foix se fit représenter par son substitut maître Bernard d'Esquirols. Les officiers du duc de Guyenne, Arnault d'Antin, écuyer, seigneur de ce lieu et sénéchal de Bigorre, et maître Bernard du Cayla, juge-mage de Bigorre, assistèrent à l'entrevue. Au nom du duc, le sénéchalfit publier la cession des droits du roi en Bigorre au duc de Guyenne. Mais le juge-mage déclara que, le comte de Foix étant absent du pays, il réclamait copie des lettres de commission pour les lui envoj^er, et aussi un délai pour pouvoir le prévenir utilement.
Comme les habitants du pays de Bigorre avaient jusque-là le privilège d'en appeler de leur justice locale au Parlement de Toulouse, on demanda au sénéchal si désormais leurs causes iraient aux Grands jours de Guyenne et de là au Parlement : Robert de Balsac déclara qu'il n'avait pas qualité pour répondre à cette question, mais que désormais les tailles et aides extraordinaires ne seraient plus payées au roi, mais au duc de Guyenne ^ Puis, le 3 novembre, le juge-mage syndic des trois
1. Ces modifications multipliées n'étaient pas sans amener une diminution sensible dans les revenus roj'aux. Aussi les gens des finances s'en inquiètent et croient devoir avertir Louis XI : « Sire, nous avons tous ensemble besongné au mieulxde nostre povoir touchant le fait de voz finances de ceste présente année, et la creue nouvelle qu'il vous a pieu ordonner pour les lances qui se souloient parier es pais que avez baillez an appanage à monseigneur vostre frère, qui montoient 5000 livres, déduit aussi et rabatu
ii.
États de Bigorre et maître Auger « de Fonte», procureur du comte de Foix, s'étant rencontrés avec les officiers de Charles de France, on discuta de nouveau au sujet du ressort du pays de Bigorre, mais, aucune décision n'aj^ant pu être prise, on prit le parti de remettre l'affaire à une autre délibération qui aurait lieu à Paris, au Palais, le 8 janvier suivant.
Robert de Balsac prit alors le chemin de Gimont * (5 novembre). Sur le territoire de Castelnau-Barbarens^, qu'il traversa, il fut rejoint par Pierre Talvas, procureur-substitut du comté d'Astarac, auquel il remit les mêmes instructions en ce qui concernait le paiement des impôts; aucune difficulté ne fut soulevée. Puis il arriva à Gimont, le lieu le plus important de la jugerie de Rivière. Le 7, la halle de cette petite ville fut le rendez- vous des consuls et de ceux des localités voisines, auxquels vinrent se joindre Jacques de Berziau et Jean de Broc, échanson du duc^, maître Arnault de La Porte, procureur royal en la jugerie de Verdun, messire Girault du Yergier, représentant Pierre Peltrin, lieutenant du châtelain de Verdun, les procureurs des abbés de Grandselve *, de Gimont et du Mas-Grenier^'', et le procureur du seigneur de Terride ^, ces quatre der-
toute la revenue des pais dudit appanage qui, oultre le paiement des dites lances, estoit bien grande, et sans riens icy comprendre du fait de vostre dommaine, des traictes d'Anjou, imposition foraine, greniers et autres choses par vous données, qui montent bien grant sommes de deniers tournans en diminution de vostre dite recepte.... » (Bibliothèque nationale, ms. français 20485, f'> 89). — Le roi n'entendit pas, d'autre part, supporter tous les frais nécessités par la constitution de l'apanage et ses suites. L'évèn3ment greva le budget des municipalités, témoin les lettres patentes par lesquelles Louis XI imposa la ville et le diocèse de Lavaur d'une somme de 2460 livres 6 sous 8 deniers à cette occasion (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 2401, doss. 53848, no 33 ; publ. dans V Histoire de la maison de Chabannes, Supplément, 1901, pp. 159-162). D'autres localités durent être invitées à contribuer de la même façon aux obligations de l'heure présente.