‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 334 sur 598 · ENTREVUE DE CASTELJALOUX · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE CASTELJALOUX

Toir et de faire acte de vassal. Il se rend aussitôt à l'invitation. Mais l'entretien est à peine commencé qu'un débat s'élève, entre les deux interlocuteurs, au sujet de leurs droits respectifs sur la ville de Fleurance et sur le château de Villandraut K Ils tombèrent assez facilement d'accord sur la question de Fleurance, qui demeura dévolue à Alain; la décision relative à Villandraut resta par contre en suspens ^. Mais une question plus haute vint à se poser, celle de savoir si le duc de Guyenne pouvait compter à l'avenir sur le concours du sire d'Albret. L'entretien nous est connu ^. Le duc lui dit : « Mon cousin, il pleust au Roy, en me bailhant un duché, me laisser vostre grant père que Dieu pardoint pour homme et pour vassal, mesmement pour ce que la succession de luy vous est advenue et que vous estes ung des grans de mes pays, j'entends et vueilh que vous soyés à moy et à ma maison, et que vous me serves, et je vous traiteroy en manière que vous serés bien content ». Ce coup droit, trop durement porté, manquait d'habileté peut-être ; un peu plus de diplomatie n'eût pas été inutile. Car le duc s'attira cette réplique fière et nette, fin de non-recevoir nullement déguisée, qui n'était pas de nature à le satisfaire : « Monseigneur, je vous serviray en ce que je pourray ainsi que suis tenu de faire, maiz d'estre de vostre maison. Monseigneur, or ne puis, car je suis au Roy qui m'a nourry et fait beaucoup de biens et d'honneurs ; maiz toutefois. Monseigneur, je vous mercie des biens que me présentés ». Le duc n'insista pas ; il comprit que le moment était peu propice. Peu de jours après, cependant, il revint à la charge, car il était du plus haut intérêt pour lui de ne pas s'aliéner un tel personnage ; il eut soin de lui adresser des délégués plus habiles et plus « gascons », comme Lescun ; mais

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