‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 469 sur 598 · CONCILIABULES DE MONT-DE-MARSAN · texte numérisé non relu

CONCILIABULES DE MONT-DE-MARSAN

pie porteur de lettres du roi pour son frère. Il vil le duc, ainsi que le comte de Foix, ouvertement mécontent de ce que Louis XI ne lui payait pas sa pension. Il apprit que, deux jours plus tôt, des conciliabules notoirement défavorables au roi avaient été tenus, en présence du duc de (niyenne, de Lescun, de l'évèque d'Aire, du prieur de Saint-Marcel, de Thierry de Lenoncourt et d'Henry Milet, ce dernier agent secret du duc de Bretagne, et semblaient faire prévoir des événements graves et contraires à la sûreté de l'Etat, qui s'accompliraient avant la Toussaint ; il n'y a plus lieu de se fier à « quelque beau langaige dont l'on se pourra servir, car ce ne sont que choses faincies pour décevoir». Il a aussi trouvé, dans la chambre même qui lui a été donnée pour logis, la preuve matérielle d'un complot : des fragments de correspondances déchirées, laissées à terre par Henry Milet et écrites certainement de sa main, ne laissent aucun doute; il les a ramassés et recueillis, il les envoie au roi qui les fera déchiffrer ^

Par ailleurs, on apprend que le roi d'Angleterre aurait fait cause commune avec le duc de Bourgogne, le duc de Guyenne et les autres conjurés, pour préparer une descente des Anglais sur les côtes de France, soit en Guyenne, soit en Normandie, mais que le duc de Bourgogne aurait décliné ces propositions ou tout au moins aurait demandé à réfléchir -. On manquerait totalement d'indulgence, on serait même à l'opposite de la vérité si l'on rendait Charles de France responsable de cette nouvelle intrigue avec l'étranger. Nous en trouvons la preuve dans un acte authentique, un mandement adressé en son nom et au nom de son Grand conseil au sire d'Albret, le 4 août 1471 '•, l'invitant à lever des troupes pour combattre les Anglais « anciens ennemis du Royaume », en raison de l'avertissement naguère reçu qu'ils ont «fait grand armée en entencion de usurper sur nous, noz hommes, subgectz, pais, terres et seigneuries ». Cet appel aux

1. Lettres de Louis XI, t. IV, pp. 264 et 356 ; — cf. Duclos, Histoire de Louis XI, t. III. p. 317.

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