‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 477 sur 598 · Cant. de Loulay (Charente-Inférieure · texte numérisé non relu

Cant. de Loulay (Charente-Inférieure

même désirant faire exécuter un bréviaire à l'usage de Rome^ il espérait bien par sa protection en obtenir la commande ; qu'en raison enfin de travaux faits pour le comte, il souhaitait d'entrer à son service ou tout au moins de recevoir de sa générosité une petite pension ; mais il jure que ses voyages n'ont jamais eu d'autre objet que les nécessités de son métier d'artiste. Les brevets magiques, les formules cabalistiques, en latin ou en français, les recettes pour guérir les maux de dents, tels sont les motifs d'un troisième interrogatoire, assez fastidieux au fond, qui n'est guère plus satisfaisant que les précédents, et ou Jean Gillemer développe d'abracadabrantes expli-cations. Des assemblages de mots, accolés à des prénoms pour chaque jour de la semaine, sans liaison apparente et sans sens bien défini, attirent enfin l'attention des juges qui n'arrivent pas, malgré toutes les apparences, à se faire une idée exacte des faits reprochés à cet artiste ambulant, plus naïf que dangereux.

Durant tout ce temps, les cabales se donnent libre cours à Saint-Sever. Le parti des femmes, comme on l'a appelé, est soutenu par Jean Aubin, seigneur de Malicorne, l'un des grand» familiers. Le principal acteur est la maîtresse même du duc, Colette de Chambes, dame de Montsoreau ^ qui parait avoir joui d'un grand ascendant sur le duc de Guyenne, et qui, la jalousie aidant, se faisait fort d'employer toute sa ruse féminine à empêcher, non seulement le mariage recherché par son amant avec l'héritière de Bourgogne, mais n'importe quelle autre union. Indirectement mêlée à toutes les luttes politiques auxquelles cette petite cour se complaisait, Colette s'était réfugiée auprès de Charles de France, dès le milieu de l'année 1469, ayant eu depuis longtemps des relations coupables avec lui - ; car on sait ^ qu'ils eurent ensemble deux enfants : Jeanne *,

1. Veuve de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, depuis le 28 février 1470. Elle porta le titre de vicomtesse de Thouars jusqu'à sa mort.

2. Et non pas seulement à partir de ce moment, comme on l'a toujours cru jusqu'ici.

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