Journal de Jean de Roye, édit. de Mandrot, t. I, p
duché de Guyenne rentrait dans le domaine royal sans coup férir.
Mais l'état du duc a empiré. A cette date on signale sa présance à Geaune K Dans les premiers jours du mois suivant, il se fait transporter en litière à Bordeaux, d'où il partira pour Pons et Saint-Jean-d'Angély. Les ennemis se réjouissent, et Tun d'eux écrit que « avecques quatre cens hommes d'armes on l'yroit trouver au giste » -. Tel de ses serviteurs l'abandonne ou le trahit, se fiant aux promesses du roi. Il a exigé de chacun de ses hommes d'armes le serment de le servir même contre Louis XI, et d'aucuns ont refusé ^ Mais c'est une infime minorité, et la liste que l'on possède de ceux qui composent sa garde nous fournit la preuve que ses principaux lieutenants lu! restent fidèles.
Malgré tout, Charles de France ne désarme pas. Il envoie (19 février) à la cour de Bourgogne Guillaume de Soupplainville, son vice-amiral, et Henry Milet, pour reprendre les négociations interrompues ; ces ambassadeurs doivent en retournant passer par la Bretagne. Ils sont chargés ^ de rappeler à Charles le Téméraire le projet de mariage, toujours en suspens, et de l'informer que Louis XI, tout en employant la séduction pour l'amadouer, rassemble une armée de 16000 hommes contre lui. En effet des troupes sont réunies en Poitou, sur les confins de la Saintonge, en Quercy, en Rouergue ''. Du