‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 544 sur 598 · PORTRAITS AUTHENTIQUES · texte numérisé non relu

PORTRAITS AUTHENTIQUES

point de vue de rintérêt iconographique, aux miniatures illustrant le manuscrit du Journal de Jean de Roye ^ (autrefois improprement appelé « Chronique scandaleuse »), qui sont destinées à représenter, au feuillet 37, l'arrivée de Charles de France en Bretagne au mois de mai 1465, et au feuillet 100, la prestation de serment des princes. Ce sont là des compositions où l'artiste, ayant mission de figurer des scènes racontées par le chroniqueur, s'adonne volontiers à une fantaisie purement décorative sans aucun égard pour la vérité.

Dans le célèbre livre d'heures d'Etienne Chevalier qu'a illustré Jean Foucquet -, une des plus belles pages sans contredit est la scène de l'Adoration des Mages, où, dans un charmant paysage couronné par un château que l'on affirme pouvoir identifier avec Chinon, on voit le roi Charles VII à genoux, prosterné devant l'enfant Jésus, et présentante la Vierge un vase d'or en forme de calice, près de l'étable où se tient saint Joseph. On considère ce portrait comme une fidèle représentation de Charles VII, et il paraît vraisemblable d'admettre que, derrière lui, debout, parmi les rois mages portant l'encens et la myrrhe, sont représentés le dauphin Louis et le jeune Charles, ses deux fils, passant pour ainsi dire en revue la garde royale commandée par son chef Théaude de Valpergue, et seuls fils survivants des douze enfants nés de Marie d'Anjou. Leurs chapeaux, sorte de salade couvrant la tête presque jusqu'aux yeux, sont ceints de la couronne fleurdelj'^sée d'or '. Le tableau est de petite dimension ; tout l'intérêt est concentré sur la scène principale, particulièrement soignée; les autres portraits sont loin d'être aussi bien mis en valeur ; les personnages étant très réduits, les têtes forcément perdent de

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