‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 545 sur 598 · Bibliothèque nationale, ms. Clairambault · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, ms. Clairambault

2. F. -A. Gruj^er, Les Quarante Fonqiiet (Paris, 1896, in-4), p. 47 (et pi. viii) ; — Musée Condé ; Notice des peintures (Paris, 1899, in-16), n^' 208.

3. Gruyer incline à donner à la composition du livre d'heures d'Etienne Chevalier la date approximative de 1453-1458 ; je crois que la première de ces deux dates est à rejeter complètement pour l'Adoration des Mages, où le jeune Charles de France a déjà l'apparence certainement d'un jeune homme déjà formé, et non d'un petit garçon de sept ans. Jean Foucquet ne pouvait se tromper sur ce point. La date de 1458 serait beaucoup plus rationnelle.

leur expression ; et ainsi est-il assez difficile de reconnaître pour les deux figures de second plan une recherche de vérité qui n'apparaît pas clairement K

J'ai déjà autrefois appelé l'attention -sur une miniature conservée aux archives municipales d'Agen ^. La chancellerie de Charles de France, envoyant aux habitants de cette ville les privilèges dont ils avaient sollicité le renouvellement, chargea quelque artiste, probablement bordelais, de le représenter luimême sur le parchemin : ainsi la première lettre de la charte, la grande initiale K du mot Karohis, a été utilisée pour offrir aux « manans et fidèles habitans » la représentation de Robert de Balsac, sénéchal, aux pieds du duc qui est assis sur un trône, et reçoit des mains de ce personnage les « Registrata » scellés. C'est là une scène d'un goût sobre et naturel, qui rappelle les nombreuses miniatures de manuscrits où l'on voit l'auteur ou traducteur offrir son ouvrage à un prince ami des livres, à un mécène, à un patron. Mais faut-il se croire autorisé à reconnaître là un portrait véridique des personnages ? Charles de France est assis, imberbe, coiffé du chaperon, vêtu d'un grand manteau rouge rehaussé au col d'or et de pierreries. La charte est datée de 1471 et a dû être délivrée aux Agenais sans tarder. Toutefois, au lieu du jeune homme joufflu que Jean Foucquet nous a montré dans les statuts de l'Ordre de Saint-Michel, nous pensons nous trouver ici en présence d'un homme à l'aspect dur, à la figure émaciée, aux traits tirés, aj^ant vieilli vite sous l'influence de la maladie qui l'a longtemps miné et l'a tué l'année suivante. Cette sensible différence dans les deux représentations pourrait paraître en faveur de l'exactitude avec la-

1. A propos de la publication, dans la Gazette des Beaux-Arts (l*^' octobre 1896, p. 350), d'un beau portrait d'homme du XV*^ siècle conservé au Musée de Versailles, où MM. Pierre de Nolhac et André Pératé ont pensé voir un Charles VII, conformément à l'inscription ancienne que porte ce tableau, M. Ghabeuf, sous le pseudonyme d'André Arnoult (Journal des Arts, 17 octobre 1896), a suggéré qu'il s'agissait plutôt d'un portrait de Charles de Guj'enne, « mort à 47 ans, dit-il, en octobre 1472 ». Il est à peine besoin de souligner la fragilité de cette hypothèse, puisqu'elle repose sur une erreur de plus de vingt années. Le personnage représenté paraît bien âgé de 45 ans environ ; ce ne peut être Charles de France, mort dans sa 26^ année.,

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