‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 66 sur 598 · Thomas Basin, Histoire, t. I, p · texte numérisé non relu

Thomas Basin, Histoire, t. I, p

4. Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, n'était pas un des moins mécontents ; son attitude est considérée comme délox-^ale par son biographe B.de Mandrot (Jacques d'Armagnac, dans la Revue historique, XLIII, 1890, p. 274) ; il envoie un de ses serviteurs, Jacques, seigneur de Langeac, porter au roi une sorte d'ultimatum ; il joint réclamations à réclamations; }[ s'abouche avec Dammartin etlesire du Lan, et entraîne avec lui le comte du Maine son beau-père (Documents historiques inédits, t. II, p. 284 ; Ordonnances des rois de France, t. XVI, p. 387).

5. Ces deux derniers paraissaient moins dangereux, étant pauvres en hommes d'armes et en argent (Bibliothèque nationale, ms. italien 1649 fo 57, vo).

Antoine de Chabannes. Le comte de Charolaissejoignitàeux \ De son côté, Louis XI, déjà vivement froissé d'avoir vu son frère attiré dans le camp de ses ennemis, entre dans une violente fureur en apprenant en outre que des bruits sensationnels se répandent dans tout le royaume : on l'accuse de vouloir emprisonner son jeune frère et attenter à sa personne 2, ne fût-ce que pour poser ce frère en victime et apitoyer sur son sort. Impatient d'y répondre, le roi croit pouvoir entraver le mouvement insurrectionnel en agitant le spectre de la guerre étrangère : Bretagne et Bourgogne n'ont évidemment qu'un mot à dire pour appeler l'armée anglaise à leur service ; en évoquant le souvenir de l'époque néfaste où le territoire français subissait l'humiliation de l'occupation ennemie, il espère raviver le patriotisme de ses sujets.

Par une suprême habileté, les confédérés vont chercher à demeurer dans l'ombre, et à mettre le duc de Berry seul en avant. De cette façon la colère royale ne s'exercera peut-être que contre son frère, s'il l'ose. Mais Louis XI ne fut pas dupe. Les princes demandaient un plus grand apanage que le Berry pour Charles de France, prétendaient forcer le roi à prendre leurs avis sur toutes les questions irritantes, et obtenir qu'il restituât terres et offices à ceux qui, ayant encouru sa disgrâce, s'en trouvaient privés.

Charles avait dix-huit ans. On l'a dépeint naturellement généreux et bienveillant, mais faible, ambitieux, peu intelli-

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