‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 99 sur 598 · LE SIÈGE DE DUN-LE-ROI · texte numérisé non relu

LE SIÈGE DE DUN-LE-ROI

la garnison dut se rendre, les canons braqués sur elle ayant eu raison de sa résistance ; de nombreuses maisons démolies et incendiées attestèrent la violence des engins qu'employa l'artillerie ; des mines, habilement placées par des prisonniers avisés et consolidées par des charpentiers spécialistes, eurent tôt fait d'endommager tours, poternes, remparts, au point de les rendre inutilisables ^ . Nous ne connaissons pas l'importance du contingent envoyé contre cette place, mais! nous savons qu'il s'y trouvait, indépendamment du bâtard de Bourbon, le sire de Chaumont, Dammartin, Guillaume de Sully et le marquis de Rothelin. On n'avait rien négligé pour la préparation et la réussite de l'opération : des tonneaux de vin blanc et rouge ^ pour les soldats, de l'avoine pour les chevaux, de la poudre, de la poix, de l'étoupe avaient été expédiés de Bourges en toute hâte, avec des vivres, de la chandelle, de l'encre et du papier, de la vaisselle de bois ^ ; on s'était même servi de projectiles enflammés pour propager plus vite l'incendie dans là ville assiégée * .

ses peines et sallaires d'avoir tiré le vin des hostelzqui s'ensuivent, c'est assavoir, le XX« jour dudit mois de juillet, une queue de vin vermeil chez Jean Piat, deux queues de vin blanc chez Pierre le Roy, sergent de mondit seigneur, et le XXII* jour du dit mois ensuivant dix tonneaulx de vin, les six prins en l'ostel de Jehan Poncet, marchant, et les autres quatre en ung cellier que Estienne Chambellan avoit en l'ostel des Souffletz à Bourges, lequel vin fut chargé en charroys et mené audit Dun le Roy pour fournir à la despence des gens illec tenans ledit siège de par mondit seigneur au lieu de Dun le Roy » (Archives nationales, K 530^ , n» 20).

« A Pierre Roy, appothicaire, la somme de XXV I. t. pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en ladicte grosse tour de Bourges de cinquante livres de pouldre de canon, tant pour la fortiffication de ladite tour que pour le siège de Dun le Roy » (Idem. K 530 ^ , n«^ 3).

« A Collette, femme de Jehan Percy, la somme de XXVII s.VI d. pour aider à guérir sondit mary, lequel estoit au lit malade, d'un coup de coulevrine qu'il eust en besongnant aux mignes du siège de Dun le Roy » (Idem, K 5303 , no 11).

1. Archives nationales, K 530^ , n» 12 ; Pièce justificative n'^ VIII ; — Archives communales de Dun-le-Roi, EE 2.

2. Un des tonneaux subit une avarie en route ; le vin fut perdu ou bu avant d'arriver à destination (Archives nationales, K 530^ , n» 5; Pièce justificative no VIII).

3. Archives nationales, K 530^ , n*' 5 ; Pièce justificative n» VIII.

4. Idem : « en potz de terre pour mettre feu pour gecter en la ville de de Dun le Roy».

Aussitôt prise par les ligueurs, la place de Dun-le-Roi fut remise en état de défense ^ ; le trésorier Pierre Morin - , accompagné du receveur général Jean Piat et de neuf archers, s'y rendit pour aller conférer avec le bailli de Forez ^ . Tandis que l'artillerie de siège, devenue libre pour d'autres exploits, est renvoyée à Bourges, une partie des troupes des confédérés, comprenant archers, arbalétriers, coulevriniers et coustilliers, alla tenir garnison dans le petit prieuré de Bois-l'Abbé *, sous le commandement de Jean de Gruelle, écuyer.

Pendant ce temps Louis XI attendait des renforts. Le duc de Milan, conformément à son traité, lui avait proposé un concours de 4000 cavaliers et 1000 hommes de pied, qui fut immédiatement accepté (28 mars 1465) » et allait permettre au roi de combiner ses plans à la fois contre les troupes bretonnes et contre celles du duc de Bourbon. Ce corps d'armée d'outremonts devait être commandé par Galéas Sforza. Quand Louis XI connut cette décision par l'entremise de l'ambassadeur Pa-

1 . Archives nationales, K 5303 , n" 12 ; Pièce justificative n» VIII.

2. La conduite de Pierre Morin lui coûta cher ; par ordre du roi, on fit main basse sur tous les biens qui lui appartenaient et furent trouvés à Paris (15 mars 1465), et son office d'huissier du trésor fut donné à un sujet fidèle (Journal de Jean de Hoye, 1. 1, p. 41). De même, il fut fait inventaire de tous les biens meubles qui garnissaient l'hôtel du duc de Bourbon à Paris, et on en confia provisoirement la gaitle à un certain Germain Levesque (Archives nationales, P 13631 , n^ 1157).

3. « Audit Pierre Galant, la somme de CX s, t. pour pareille somme que ledit Gallant a paiée et délivrée comptant à Jehan Duverger, demourant à Dun le Roy, en l'ostellerie oij pend pour enseigne le Bœuf Couronné, tant pour sa despense ordinaire que pour la despense dudit tresorerier et receveur gênerai Jehan Piat et neuf archers avecques leurs chevaulx par deux jours, lesquelz estoient allez, partant de ladite ville de Bourges audit lieu de Dun le Roy devers le bailly de Forestz en la compaignie dudit tresorerier, pour remonstrer et dire audit bailly qu'il eust à venir en ladite ville de Bourges pour la garde d'icelle, comme aussi pour conduire et mener partie de ses gens au Boys l'Abbé, lequel avoit esté mis en la main de mondit seigneur, et semblablement es terres et seigneuries de monseigneur de Chauvigni, afin de recouvrer les deniers du paiement des gens d'armes dont les habitans estoient reffusans de paier» (Idem, K 530^ , n» 16).

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