Bade d'Argovie
3. De MM. de Marillac, Saint-Laurens et Bassefontaine à la duchesse de Valentinois, 1er mars 1554. (Bibl. Nat., fr. 3121, fol. 3 vo.)
4. De MM. de Marillac et Saint-Laurens au Roi, 1er mars 1554. (/bid., fol 500%)
escu » avant que Mgr d'Aumale ne füt remis entre leurs mains. Puis, (sans parüiculariser aultrement », ils prièrent Silvestre Raid et Boyer de librement leur exposer les arücles de leurs instructions".
Ceux-ci déclarèrent à leur tour que « leur maistre ne désiroit rien tant que d’estre remis en la bonne grâce du Roy et de s’establir en son service pour si longtems qu'il plairoit à Sa Majesté ». Malheureusement les députés ne pouvaient encore prévoir exactement la date à laquelle M. d’Aumale devait être mis en liberté. Ils savaient positivement que le Margrave avait l'intention de conduire lui-même son prisonnier en Suisse et qu'il était en route pour gagner « ces cartiers des Ligues ». Mais il leur était difficile de fixer l'époque exacte de son arrivée. Raïd avait dernièrement envoyé deux messagers pour s’en assurer ; aucun des deux courriers n’était encore de retour. Ils priaient donc nos représentants de vouloir bien patienter deux ou trois jours. Au reste, ajoutaient-ils, rien n’empêchait pendant ce temps de commencer les discussions relatives à la ligue contre l'Empereur. Les nouvelles attendues ne pouvaient tarder *.
À cette offre M. de Marillac répondit au nom de ses collègues par un refus catégorique. « Je leur ay dict, écrit-il au Roi, qu'à la vérité notre instruction principale estoit de traiter une bonne ligue et intelligence pour exéculer tost quelque grande chose contre l'Empereur, mais pour ce que l'appareil de ceste exécution deppendoit des deniers qui seroient baïllez lorsque Mgr d’Aumale seroit délivré, nous ne pouvions traiter de une chose sans l’aultre, comme estant les deux si connexes qu'il n’estoit
ATbid ol 5170; 2. Ibid., fol. 5
FO etEVO;
pas possible de les séparer ‘ ». Mieux donc valait attendre des nouvelles certaines.
Plusieurs jours se passèrent dans cette incertitude. Le premier courrier envoyé par Raid revint enfin et avec € très bonne responce » ; les députés du Marquis le prétendaient du moins. « Silvestre, écrivaient nos représentants, nous a faict entendre que l’homme qu'il avoit depesché pour aller scavoir nouvelles de son maistre et l’advertir de nostre venue, estoit présentement revenu et que le marquis de Bade... lui avoit dict que le marquis Albert seroit bientôt en ceste ville ayant en sa compaignie M. d’Aumale? ».
Cependant, malgré ces assurances, une semaine entière s'écoula, sans qu'aucune nouvelle ni aucun message d'Albert parvinssent à Bade. Et Raid et Boyer en furent finalement si € estonnez et esbaïs » qu'ils renoncèrent à dissimuler plus longtemps. Ils avouèrent alors que non seulement ils ignoraient où était leur maître et quand il devait arriver, mais que, depuis qu'ils avaient quitté l'Allemagne, ils n'avaient reçu de lui ni lettre, nt instructions d'aucune sorte *. Nos ambassadeurs n’apprenaient là rien qu'ils ne sussent déjà. Quelques jours auparavant ils avaient intercepté deux dépêches adressées d'Allemagne à Silvestre Raid par des partisans du Marquis: les deux correspondants disaient ne point savoir ce qu'était devenu Albert. D'autre part, écrivait Marillac, € quelque diligence qu'ayions faicte.... d'envoyer gens vers Constance, Basle, Strasbourg et aultres endroiciz où nous pensions avoir
47brd.. fol. "5 ve:
2. De MM. de Marillac, Bassefontaine et Saint Laurens au Roi, 6 mars 1554. (Ibid., fol. 6 ro.)
3. Des mêmes au même, 11 mars 1554. (Zbid., fol. 8 r° et vo.)