‹ Charles de MarillacChapitre 109 sur 200 · Ibid., fol. 8 ro · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 8 ro

nouvelles de Mgr d'Aumale, nous n’en avons riens sceu au vray' ». Dans ces conditions, les négociateurs furent d'accord pour se séparer pendant quelques jours. Ceux du Margrave se rendirent à Schaffouze, « où ils avoient plusieurs congnoissances ct plus de moyen qu'à Bade d’envoyer gens devers leur maistre ». M. de Bassefontaine regagna Soleure. Quant à MM. de Marillac et de Saint- Laurens, ils résolurent de s’avancer jusqu'à Bâle pour tâcher d'y recueillir quelques informations *?.

Dès ce moment d’ailleurs, les chargés d'affaires de France auguraient très mal du résultat de leur mission. Tout d’abord la conduite du Marquis leur inspirait les plus graves soupçons. € En ung tel galand toutes choses estoient considérables et croyables *.» L'absence prolongée d'Albert, la violation de la promesse qu'il avait faite d'amener sans retard Mgr d'Aumale près de Schaffouze auraient sufli à exciter la défiance de nos représentants. Mais un avis de la plus haute importance augmentait encore leurs craintes. Le comte Georges de Wirtemberg, « qui avoit secrète intelligence au service du Roy », venait de les informer que la négociation entamée par Albert avec la France ne l’empêchait pas d’être en même temps Çen practiques » avec l'Empereur. (Il marchandoit des deux costez pour enclouer la part où il verroyt pouvoir mieux faire son prouffict. » Un agent, que le comte entretenait près la cour impériale à Bruxelles, avait mis la main «sur toutes les lettres, mémoires et instructions, que le Marquis avoit envoyées en France, avecques les responses qu'il avoit receues des ministres du Roy * ».

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